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Des chercheurs français se joignent aux recherches sur l’ancienne capitale de l’Acadie

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Des chercheurs de l’Université Saint Mary’s, à Halifax, seront appuyés par des scientifiques français dans leurs recherches archéologiques au lieu historique national du Fort-Sainte-Marie-de-Grâce, à LaHave, en Nouvelle-Écosse.

Des chercheurs issus de deux laboratoires de l’Université Grenoble Alpes, en France, rejoignent ceux de Saint Mary's au sein du nouveau Consortium de recherche de La Hève, sous l’égide du CNRS (le Centre national de la recherche scientifique, un organisme public français)

Depuis 2023, l'Université Saint Mary's (SMU) fait des recherches sur les terres du musée de Fort Point à LaHave, non loin de Lunenburg. Le public a même parfois été invité à participer aux fouilles archéologiques.

Ce lieu était auparavant le fort Sainte-Marie-de-Grâce, qui a servi de capitale de l'Acadie de 1632 à 1636, sous le gouverneur Isaac de Razilly. Le fort a été détruit 17 ans plus tard.

En entrevue vendredi, Frédéric Aitken, chargé de recherche au CNRS, a expliqué comment des recherches sur le HMS Challenger, navire britannique qui a mené la première opération océanographique mondiale, ont conduit à cet intérêt pour ce jalon de l’histoire acadienne.

Frédéric Aitken, portant un casque d'écoute, apparaît par webcam et sourit.

Frédéric Aitken, physicien, auteur et chercheur.

Photo : Radio-Canada

Physicien de formation, M. Aitken a écrit plusieurs volumes sur l’expédition des scientifiques dans les années 1870. Une des grandes escales qu'a faites le Challenger, c'est l'escale d'Halifax, qui a duré une dizaine de jours, dit le chercheur.

Quand on s'est intéressé à la toponymie, à l'histoire du lieu, on a compris très rapidement qu'il fallait en fait s'intéresser à l'histoire coloniale française, poursuit-il. En regardant l'histoire coloniale française qu'il y avait dans la région, on tombe très rapidement sur l'histoire coloniale de La Hève.

Et quand on s'intéresse de plus près à l'histoire coloniale de La Hève, en regardant les archives — qui sont toutes en France — on s'aperçoit qu'effectivement, dans les archives, il y a beaucoup de trous. Il y a beaucoup de zones d’ombre, mentionne Frédéric Aitken.

On espère donc éclairer ces zones d’ombre et répondre à certaines questions auxquelles les historiens ne sont pas encore parvenus à répondre.

Parmi celles-ci, le nombre et l’emplacement des bâtiments dont les archives font mention.

On ne connaît quasiment pas les bâtiments qui se trouvaient à l'intérieur du fort, souligne M. Aitken. On connaît l'emplacement de l'église, on connaît vaguement l'emplacement de la poudrière, et c'est à peu près tout.

Les chercheurs souhaiteraient aussi découvrir la sépulture d'Isaac de Razilly. Là, on a un gros point d'ombre. C’est qu’on ne connaît pas ni les causes de sa mort ni où est-ce qu'il est enterré, note Frédéric Aitken.

Le gouverneur avait aussi un neveu mort en Acadie, au sujet duquel ses descendants savent bien peu de choses.

Le musée décoré d'un drapeau de l'Acadie.

Le musée Fort Point se trouve au lieu historique national du Fort-Sainte-Marie-de-Grâce, dont les vestiges sont toujours présents. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Stephanie Blanchet

L’aide des scientifiques européens est un appui de taille pour la poursuite des recherches au lieu historique du Fort-Sainte-Marie-de-Grâce. C'est une partie importante de l'histoire du Canada et à certains égards, de la France. Mais son histoire est plutôt méconnue, a raconté en entrevue l'archéologue Wesley Weatherbee, technicien au laboratoire d’anthropologie de l’Université Saint Mary’s.

Frédéric Aitken se réjouit des compétences complémentaires entre Saint Mary’s et l’Université Grenoble Alpes.

On va pouvoir mélanger nos compétences, dit-il. Ça va permettre d'obtenir des points de vue différents, et donc des analyses différentes, et ça va favoriser l'émergence de solutions.

En co-tutelle, les étudiants des deux universités en sortent gagnants, observe M. Aitken.

Pour les étudiants, c'est un Graal assez important, qui va leur permettre d'avoir des diplômes et des compétences qui vont être validés des deux côtés de l'Atlantique, et d'avoir des formations qui leur ouvrent l'esprit sur différentes manières de travailler, avance-t-il.

D’après le reportage de Paul Légère

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