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Une plateforme participative permet de recenser anonymement les victimes d’arrestation ou de détention extrajudiciaires, afin d’accumuler des preuves et demander l’ouverture d’une enquête auprès de la Cour pénale internationale.
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Le vieil homme était une figure respectée de la communauté musulmane au Burkina Faso. Mahamadou Diallo, 74 ans, exerçait comme imam de la mosquée de Lafiabougou, à Bobo-Dioulasso, la seconde ville du pays. Il est l’une des premières personnalités à avoir disparu sous le règne du capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir par un putsch, en octobre 2022.
Le 28 avril 2023, une semaine après un prêche dénonçant les exactions de l’armée contre les civils au nom de la lutte contre les groupes djihadistes, le religieux a été enlevé à son domicile par quatre hommes se présentant comme des gendarmes. Depuis, sa famille n’a plus eu de nouvelle. Et semble, malgré le deuil impossible, avoir accepté le pire. « Il a été tué », affirme un de ses proches.
L’imam Diallo, dont le tort – aux yeux des autorités – était de s’indigner des abus commis par certains soldats, et d’appeler au dialogue avec les djihadistes, est loin d’être un cas isolé au Burkina Faso. Militaires suspectés de « tentative de déstabilisation », journalistes ou activistes jugés trop critiques… Depuis l’accession au pouvoir d’Ibrahim Traoré, dit « IB », des dizaines de personnes ont disparu hors de tout cadre judiciaire.
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