Quand on a rencontré Martin Boujol la première fois, l’influenceur littéraire genevois avait 244 000 abonnés sur Instagram, faisant de lui le bookstagrammeur francophone le plus suivi des réseaux. Sa communauté suivait ses coups de cœur romanesques, des anecdotes sur l’histoire de la littérature et des conseils pour optimiser sa capacité de lecture – sur certaines vidéos, il cumulait jusqu’à deux millions de vues. Il venait d’atteindre l’équilibre financier en consacrant un quart de ses contenus à des partenariats commerciaux liés au monde de l’édition: interviews d’auteurs, chroniques de parutions récentes, présentations d’éditeurs.
Deux ans plus tard, son compte «La nuit sera mots» affiche 130 000 abonnés supplémentaires et Martin Boujol vient de publier son premier livre aux Editions Grasset, la maison d’Amin Maalouf et Virginie Despentes, deux de ses maîtres. La parution a coïncidé avec le licenciement d’Olivier Nora par Vincent Bolloré et le départ de plus d’une centaine d’auteurs en signe de protestation. «J’étais défait», se souvient Martin Boujol, resté fidèle et reconnaissant à son éditrice et aux équipes qui l’accompagnent. Dans Le Trésor des livres. Petit manifeste pour une vie de lecteur, le trentenaire ébouriffé se souvient de ses premiers chocs littéraires, raconte son long compagnonnage avec l’œuvre de Romain Gary et livre les secrets de ses habitudes pour une pratique vivante de la littérature au quotidien – au rang desquelles on trouve un chapitre sur la gestion du temps d’écran, l’ennemi numéro un de nos velléités de lecture.


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