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Entre deux conférences sur l’éthique et la sécurité, les gourous de la Silicon Valley peaufinent sereinement le prochain dealer de dopamine à grande échelle.
Le nouveau Gaultier du virtuel
L’enquête du Wall Street Journal, publiée le 15 mars, lève le voile sur les ardeurs de Sam Altman. Le PDG d’OpenAI milite avec une énergie toute entrepreneuriale pour l’instauration d’un « mode adulte ». Motif invoqué ? « Traiter les utilisateurs adultes comme des adultes ». Derrière cette formule qui se veut libératrice se profile un programme clair : autoriser les conversations érotiques les plus explicites, permettre les échanges classés X, abandonner toute velléité de filtrage. Une machine aux ordres, prête à satisfaire le moindre caprice, aussi cru soit-il. Le rêve humide de tout bon techno-libertaire.
Les apprentis sorciers ont peur
Ce projet, pourtant, ne fait pas l’unanimité dans la maison. Loin s’en faut. L’enquête dévoile des débats internes d’une rare violence. Des employés – y compris parmi les cadres et les architectes du système – expriment une opposition farouche. Certains confessent leur « effroi ». D’autres évoquent, à voix plus ou moins basse, des risques éthiques majeurs. Faut-il vraiment s’en étonner ? Une IA capable de générer du contenu pornographique à la demande, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans contrôle humain : le fantasme technologique devient l’outil idéal de l’addiction, le meilleur ami du désocialisé, le compagnon de route discret des violences virtuelles.
L’adieu aux limites
Car il ne s’agit pas de quelque léger assouplissement, mais d’une rupture philosophique. Jusqu’à présent, même les acteurs les plus permissifs du secteur – Character.AI, certains modèles open source – maintenaient un semblant de garde-fou. OpenAI, cette entreprise qui se présentait naguère comme la vigie responsable de l’intelligence artificielle, s’apprête à brûler ce qu’elle adorait. Et si ses propres créateurs tremblent, c’est que l’incendie pourrait bien les dépasser.
Après Epstein, un autre moyen de chantage
Modelé sur le système Epstein-Mossad, Open AI deviendrait un apte à faire chanter le Pentagone, le Congrès et, pourquoi pas ? la Maison-Blanche. Au sein de OpenAI le rapport de forces est en train de s’établir entre les représentants de Bill Gates (Microsoft) de Jeff Bezos (Amazon) et ceux de l’Armée (le général Nakasone, ancien directeur de la NSA et du Cyber Commandement américain).
La grande braderie
Sam Altman aime à répéter qu’il faut « avancer vite ». Admettons. Mais vers quel précipice ? Celui où l’IA devient le dealer ultime de dopamine sexuelle ? Où la machine, toujours disponible, toujours consentante, toujours ajustable, supplante définitivement la relation humaine, par nature plus rugueuse ?
Cette affaire n’a rien d’une anecdote. Elle signe le symptôme d’une dérive autrement plus vaste : l’intelligence artificielle, conçue pour épauler l’humain, se mue en instrument de son remplacement, de sa distraction, de son asservissement. Et les premiers à s’en alarmer sont… ceux-là mêmes qui l’accouchent.
Il devient urgent de cesser de philosopher sur l’éthique comme on parlerait de la pluie et du beau temps. Ces questions sont brûlantes, concrètes, existentielles. Si OpenAI cède, d’autres suivront.


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