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Denoueix, le jeu avant le je, portrait d’un humble génie du football

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L’Équipe Explore diffuse à partir du 9 mars un beau documentaire consacré à Raynald Denoueix, ancien entraîneur du FC Nantes et de la Real Sociedad.

Le 28 décembre 2001, Raynald Denoueix  est démis de ses fonctions d’entraîneur du Football Club de Nantes quelques mois après avoir décroché un titre de champion de France. Performants en Ligue des champions, les Jaunes et Verts sont désormais en bas de classement en championnat, une situation fatale pour le coach. « Plus rien ne sera jamais comme avant », prévoient alors les observateurs du club. À juste titre.

Plus qu’un entraîneur, Raynald Denoueix était l’héritier d’un savoir-faire et d’un état d’esprit enracinés dans l’histoire du club. Des valeurs indissociables de ses plus beaux succès et du fameux « jeu à la nantaise », qui privilégie l’intelligence collective plutôt que les exploits individuels. Une idée du beau football distillée par José Arribas de 1960 à 1976, puis perpétuée par Jean-Claude Suaudeau. Durant l’été 1997, ce dernier avait transmis le flambeau à Raynald Denoueix, responsable du centre de formation depuis seize ans.

À lire aussi «Il est pur» : Raynald Denoueix, le dernier héritier du «jeu à la nantaise»

« Quand je lui ai parlé de mon projet, il m’a répondu que ça n’allait intéresser personne »

Théo Boyer, réalisateur de « Denoueix, le jeu avant le je »

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Né en 1990, le Nantais Théo Boyer a vécu ses premiers frissons footballistiques grâce aux exploits de l’équipe de France au Mondial de 1998, puis aux succès du FCN en Coupe de France (2000) et en championnat (2001). Avec La Belle Boîte Production, il a travaillé trois ans à la réalisation d’un documentaire sur Raynald Denoueix, « la référence » à ses yeux. « J’aime ce qu’il dégage, son intelligence et ses principes de jeu, explique-t-il. Quand je lui ai parlé de mon projet, il m’a répondu que ça n’allait intéresser personne. »

Pour parvenir à convaincre cet altruiste profondément humble de l’importance de son héritage sportif, Théo Boyer est allé rencontrer ceux qui l’ont connu et ont grandi et réussi grâce à lui : de Didier Deschamps à Xabi Alonso en passant par Mickaël Landreau, Éric Carrière, Frédéric Da Rocha et même Jean-Claude Suaudeau. « Et Denoueix a fini par me dire oui à son tour. »

Ce 52 minutes mêle habilement les témoignages aux images d’un âge d’or que les Nantais désespèrent de revivre un jour. Un hommage émouvant à un homme pudique qui a accepté de s’exprimer face caméra malgré les stigmates et les souffrances d’une maladie invalidante. « J’ai voulu faire une œuvre collective, à l’image de Raynald : humaniste, indique Théo Boyer. Quelque chose d’un peu nostalgique, de touchant et d’intimiste. »

« Raynald Denoueix était rassurant et bienveillant, il plaçait l’humain avant la performance »

Nicolas Ouédec, ancien joueur du FC Nantes

Le jeune réalisateur a eu le privilège de passer trois heures avec Raynald Denoueix à son domicile. « Il ne se rend pas compte qu’il est une légende qui a inspiré les plus grands », souligne le Nantais. « C’est un documentaire qui fait ressurgir beaucoup de beaux souvenirs et d’émotions, nous confie Pierre Aristouy, ancien joueur et entraîneur du FCN. Raynald a laissé une empreinte indéniable au club, c’est quelqu’un de rare qui a marqué ma vie. C’est une chance de l’avoir connu. Tout ce que j’ai pu faire dans le foot, ma façon de concevoir, de penser, de jouer, tant sur le terrain qu’après sur le banc de touche, c’est à lui que je le dois. »

Quant à Nicolas Ouédec, formé par Raynald Denoueix, puis entraîné par Jean-Claude Suaudeau, il a grandi avec le premier et concrétisé au plus haut niveau avec le second. « Raynald était rassurant et bienveillant, il plaçait l’humain avant la performance. Nous n’étions pas des marchandises, il nous formait pour servir le club », nous raconte l’ancien avant-centre international. Alors qu’il s’apprêtait à signer son premier contrat professionnel en 1989, à l’âge de 18 ans, Ouédec vivait un drame personnel avec un grand frère dans le coma. « J’étais seul au centre de formation, loin de ma famille, effondré. Mon frangin était mon référent et mon modèle. Raynald avait su trouver les mots, j’avais pleuré dans ses bras. »

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