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Le 29 janvier dernier, les étudiants du programme de technologie de génie des systèmes électroniques (ESET) de la Polytechnique de la Saskatchewan ont reçu un courriel qui entraînera des changements dans leur cycle scolaire. Sans consultation préalable, l'administration leur a annoncé que leur deuxième année d'études ne se déroulerait pas à Saskatoon, comme prévu, mais au campus de Regina.
Cette décision s'inscrit dans une restructuration plus large. Selon les informations obtenues par les étudiants, le programme d'instrumentation de Moose Jaw est transféré à Saskatoon, forçant le programme ESET à s'installer à Regina.
Au total, ce sont entre 80 et 100 étudiants qui se retrouvent forcés de déménager pour terminer leur formation là où ils ne l'avaient pas commencée. Les étudiants disent avoir appris, lors d'une rencontre avec la direction, que cette décision découlerait d'un mandat du gouvernement provincial, une affirmation devant laquelle les cadres de l'école sont restés très évasifs par la suite.
Des vies de famille chamboulées
Pour plusieurs, ce déménagement n'est tout simplement pas une option. Alex Lowen, un étudiant de première année et père de deux enfants de 6 et 8 ans, est catégorique : déménager n’est pas à l’ordre du jour.
J'ai une femme avec une carrière, une maison et une vie établie à Saskatoon. Partir à Regina n'est pas une option. Je ne peux pas quitter ma famille pour un an d'études.
La réflexion est la même du côté de Timothy Carlow, un ancien mécanicien automobile en réorientation.
Beaucoup de mes camarades ne peuvent s'offrir ces études qu'en vivant chez leurs parents. Ces systèmes de soutien financier et émotionnel ne sont pas disponibles si on déménage dans une autre ville où l'on ne connaît personne, confie-t-il.
Pour l'instant, les étudiants d'ESET demandent à l'école de leur permettre de terminer leur cursus à Saskatoon, proposant même des solutions alternatives comme des cours du soir. L'administration, de son côté, maintient que Regina reste la seule option.
Incertitudes pédagogiques et accréditation en péril
Au-delà des répercussions personnelles, les étudiants s'inquiètent de la valeur de leur futur diplôme. Le programme ESET est agréé par Agrément en Technologie du Canada (ATC). Or, les étudiants ont découvert en contactant l'organisme que l'accréditation n'est pas garantie après un tel transfert.
Elle dépend de la qualification des instructeurs, dont plusieurs font face à des licenciements ou refusent de déménager, et de la qualité des laboratoires.
De plus, les instructeurs estiment qu'il faudrait plusieurs mois pour déplacer l'équipement complexe des laboratoires, alors que l'école prévoit de le faire en seulement deux mois l'été.
Silence de l'administration et critiques politiques
La Polytechnique de la Saskatchewan a refusé toute demande d'entrevue. Dans un courriel, elle fait part de défis financiers et de la nécessité d'une durabilité organisationnelle.
L'établissement a confirmé le licenciement de 23 employés et n'exclut pas d'autres ajustements de la main-d'œuvre au printemps.
Kim Breckner, porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) de la Saskatchewan, pour sa part, accuse le gouvernement de Scott Moe de sous-financer l'éducation postsecondaire.
Ces coupes déchirent les familles et nuisent à la compétitivité future de notre province. C'est un manque de compassion flagrant, déclare-t-elle.


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