Le système de combat aérien du futur (Scaf), projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, est en panne depuis des mois sur fond de tensions entre Airbus et Dassault Aviation.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 15:58 | mis à jour aujourd'hui à 16:17 - Temps de lecture :

Le projet Scaf au Salon du Bourget en juin 2023. Photo Sipa/Nicolas Messyasz Le projet Scaf au Salon du Bourget en juin 2023. Photo Sipa/Nicolas Messyasz

Nouvelle poussée de fièvre autour du futur avion de combat européen Scaf : Dassault a accusé mercredi Airbus de le torpiller au moment où les dirigeants français et allemand hésitent à trancher entre le maintien du projet en l'état ou l'option à deux avions.

« Airbus ne veut plus travailler avec Dassault », a lancé Eric Trappier, le PDG de Dassault qui représente la France dans ce projet emblématique de coopération dans la défense européenne lancé en 2017 par Emmanuel Macron et la chancelière de l'époque Angela Merkel, rejoint en 2029 par l'Espagne. 

Si Airbus, qui agit pour le compte de l'Allemagne et l'Espagne, « maintient » cette posture, « le projet est mort », a-t-il poursuivi au cours d'une conférence de presse. Le patron d'Airbus Guillaume Faury a pour la première fois ouvert la voie le 19 février à deux avions de combats « si les Etats l'exigent » en estimant que « le blocage autour d'un pilier ne devait »pas mettre en danger l'avenir" de ce programme. 

« Excès de confiance » allemand

L'avionneur européen, qui a développé dans les années 1980 le chasseur Eurofighter avec le britannique BAE Systems et l'italien Leonardo, s'engage à « jouer un rôle de premier plan » dans une solution à deux avions. Une ambition de leadership que Dassault, fabricant des Rafale, rejette dans la configuration actuelle s'estimant maître d'oeuvre du projet et détenteur de tous les savoir-faire nécessaires pour concevoir un avion de combat « de A à Z ». 

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L'ancien patron d'Airbus Tom Enders, a mis en garde les acteurs allemands contre « un excès de confiance en matière de politique industrielle » en réagissant aux déclarations du syndicat IG Metall et de la Fédération allemande de l'industrie aéronautique qui veulent un avion de combat allemand.

« Les coûts et le temps nécessaire seraient énormes », le projet « absorberait les budgets défense pendant des décennies sans rien apporter à la force de frappe de l'armée de l'air, même à moyen terme », a-t-il estimé dans une tribune à la presse allemande. 

Macron espère un « modèle commun »

Dans un contexte où l'Allemagne « a augmenté de façon significative son budget de défense en ligne avec les objectifs de l'OTAN des 3,5% du PIB alors que la France est encore très loin », Berlin fera aujourd'hui « moins de concessions sur les programmes militaires en coopération », commente pour l'AFP Florian Aknin du cabinet de conseil Roland Berger. 

Le chancelier allemand Friedrich Merz s'est déjà interrogé sur la pertinence du projet. « Les Français ont besoin (...) d'un avion capable de transporter des armes nucléaires et d'opérer à partir d'un porte-avions. Ce n'est pas ce dont nous avons besoin actuellement dans l'armée allemande », a-t-il détaillé. 

« Avons-nous la force et la volonté de construire deux avions pour ces deux profils d'exigences différents, ou seulement un seul ? » s'est-il interrogé. Le président Macron, lui, persiste et signe jugeant que les Européens « ont intérêt à avoir un modèle commun ». Attendus dès fin décembre pour maintenir ou enterrer le Scaf, les deux dirigeants temporisent toujours. 

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