Emmanuel Macron s'est rendu ce lundi sur la base de l'Île Longue, dans le Finistère. Le chef de l'État y a fait plusieurs annonces sur la dissuasion française et européenne.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 15:42 | mis à jour aujourd'hui à 16:48 - Temps de lecture :

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Dans un contexte international tendu, Emmanuel Macron a fait une série d'annonces, ce lundi, lors d'un discours sur la dissuasion française depuis la base de l'Île Longue (Finistère). Voici ce qu'il faut retenir.

Des têtes nucléaires supplémentaires : la France va augmenter le nombre de ses têtes nucléaires, a annoncé Emmanuel Macron ce lundi, et ne communiquera plus sur les chiffres de son arsenal nucléaire, « contrairement à ce qui avait pu être le cas par le passé », a ajouté le président français. Mais « il ne s'agit pas ici d'entrer dans une quelconque course aux armements. Cela n'a jamais été notre doctrine », a-t-il précisé. « La chaîne de commandement est d'une clarté totale et la décision ultime » de déclencher le feu nucléaire « revient au seul président de la République », a par ailleurs réaffirmé Emmanuel Macron.

Mise en place d'une « dissuasion avancée » : huit pays européens « ont accepté » de participer à la « dissuasion avancée » proposée par la France : le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark. Ces pays pourront notamment accueillir des « forces aériennes stratégiques » de l'armée de l'air française, qui pourront ainsi « se disséminer dans la profondeur du continent européen » pour « compliquer le calcul de nos adversaires ». La « dissuasion avancée » pourra également impliquer du signalement, c'est-à-dire la démonstration des capacités nucléaires, « y compris au delà de nos frontières strictes », ou encore « la participation conventionnelle de forces alliées à nos activités nucléaires ».

  • Emmanuel Macron lors de son arrivée la base de l'Île Longue. Photo Sipa/AP/Yoan Valat

    Emmanuel Macron lors de son arrivée la base de l'Île Longue. Photo Sipa/AP/Yoan Valat

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  • Emmanuel Macron lors de son discours sur la dissuasion française depuis la base du Finistère. Photo Sipa/AP/Yoan Valat

    Emmanuel Macron lors de son discours sur la dissuasion française depuis la base du Finistère. Photo Sipa/AP/Yoan Valat

L'Europe doit « reprendre le contrôle de son destin »

Le manque de maîtrise des armements nucléaires : l'architecture mondiale de maîtrise des armes nucléaires est tellement affaiblie qu'elle s'apparente à un « champ de ruines », selon Emmanuel Macron, qui a rappelé que plusieurs traités internationaux sont désormais inopérants ou menacés. « Le champ des règles est un champ de ruines ». Il a regretté que la dégradation internationale « se prête assez peu à la confiance qu'il faut pour rebâtir les normes de sécurité collective ».

Projets de missiles de très longue portée : Le président de la République a confirmé que Paris, Londres et Berlin vont « travailler ensemble à des projets de missiles de très longue portée ».  « Cela nous donnera de nouvelles options pour gérer conventionnellement l'escalade », a souligné le président français, précisant que cette collaboration s'inscrit « dans le cadre de (l')initiative dite ELSA » (European Long Range Strike Approach) lancée en 2024 et incluant aussi l'Italie, la Pologne et la Suède. Les Européens doivent « reprendre le contrôle de leur propre destin », a-t-il martelé.

La France et la situation en Iran : la guerre contre l'Iran, déclenchée par les Etats-Unis et Israël, « porte et portera son lot d'instabilité et d'embrasement possible à nos frontières », a par ailleurs affirmé Emmanuel Macron. Evoquant les risques liés à « un Iran aux capacités nucléaires et balistiques non encore détruites », le président français a ajouté qu'il « reviendrai(t) dans les prochains jours » sur ce sujet.

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