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Aux États-Unis, des “biohackeurs” tentent de ralentir le vieillissement, voire d’atteindre l’immortalité, en optimisant leur nutrition - et bien plus encore. Cette approche, d’abord réservée à une élite, est en train de gagner en popularité.
Léa Guyot - Aujourd'hui à 09:00 | mis à jour aujourd'hui à 09:24 - Temps de lecture :
Dans les années 2000, l’entrepreneur américain Dave Asprey, inspiré par un voyage au Tibet , a l’idée de mélanger du beurre à son café. Son “bulletproof coffee” (“café pare-balles”) – censé apporter énergie et sentiment de satiété – lui a depuis rapporté des millions de dollars et une renommée internationale, qu’il a mis à profit dans l’espoir d’atteindre un objectif : vivre jusqu’à 180 ans. Pour y parvenir, « le gourou du bien-être » a littéralement « piraté » sa santé. Le “biohacking” est né. Et en une vingtaine d’années, ce mouvement n’a cessé de gagner en popularité.
Les “biohackeurs”, comme on les appelle, cherchent à réduire leur « âge biologique » – l’âge fonctionnel de leur organisme. Ils optimisent pour cela leur nutrition, leur sommeil, leur gestion du stress, ou encore leur activité physique, grâce à des techniques plus ou moins éprouvées, appelées "biohacks". Compléments alimentaires, jeûne intermittent, cryothérapie… Il n’existe pas qu’un seul régime “anti-âge”. Au contraire : le biohacking envisage le corps comme un appareil qu’il faudrait paramétrer correctement. La solution serait donc à trouver dans la collecte de données et les protocoles personnalisés.
Le cas Bryan Johnson
Dans la Silicon Valley, nombreux sont ceux à croire à la fontaine de jouvence 2.0. Mark Zuckerberg, Jeff Bezos ou encore Peter Thiel : au pays des libertariens et du néolibéralisme, on investit depuis longtemps dans la recherche pour tromper la mort. L’approche a du succès jusqu’au sommet de l’État depuis l’arrivée de Robert Kennedy Jr. au ministère américain de la Santé.
Mais le plus célèbre de ses ambassadeurs s’appelle Bryan Johnson. Ce riche entrepreneur américain de 48 ans a récemment eu le droit à son documentaire Netflix, où on apprend qu’il a déjà dépensé plus de 2,5 millions d’euros pour atteindre l’immortalité. Il aurait déjà « rajeuni » de cinq ans. Son secret ? 130 pilules à ingérer chaque jour, une thérapie génique expérimentale au Honduras et le sang de son fils, qu’il s’est fait transfuser. Malgré ce traitement de choc, il a annoncé fin juin souffrir d'une maladie auto-immune incurable. Mais il l'assure : son mode de vie n'est pas en cause.
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« Hacker » sa santé grâce à sa montre connectée
Comme Dave Asprey, Bryan Johnson a transformé la quête de la jeunesse éternelle en business. Et il n’est pas le seul : en France aussi, on peut booster sa longévité dans des centres de biohacking. L’une de ces cliniques – le centre Zoī – a été cofondé par Ismaël Emelien, ancien conseiller d’Emmanuel Macron. Sa formule la plus onéreuse favoriserait « un ralentissement des effets biologiques du temps ». Comptez tout de même 980 à 3 600 euros pour un check-up complet.
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Mais de nos jours, il n’y a pas que les élites qui peuvent « pirater » leur corps : aux États-Unis, un adulte sur huit aurait déjà utilisé des GLP-1, ces traitements anti-obésité (Ozempic, Wegovy) parfois détournés en coupe-faim et désormais remboursés en France. Pour éviter les fringales, l’influenceuse française Jessie Inchauspé vante plutôt l’utilité des capteurs de glycémie – s’attirant au passage les foudres des diabétiques, qui en ont véritablement besoin. D’ici quelques années, les « biohackeurs » en herbe n’en auront peut-être plus besoin : les derniers modèles de montres connectées intègrent déjà un suivi nutritionnel à leurs fonctionnalités. Samsung a même conçu un capteur renseignant sur le « statut d’antioxydants alimentaires ». Quand la réalité dépasse la science-fiction.


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