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Cette Coupe du monde 2026 l'a montré, les polémiques racistes continuent de se multiplier autour de l’Argentine. Elles révèlent l’histoire d’un pays qui s’est longtemps construit autour d’un mythe national de blanchité, marqué par un effacement de sa population noire.
La rédaction - Aujourd'hui à 09:00 - Temps de lecture :
« Bravo le Paraguay ! L’équipe africaine n’a pas de bonnes manières. Je ne supporte pas Mbappé », avait commenté sur X, Hebe Casado, la vice-gouverneure de la province argentine de Mendoza, après la victoire des Bleus (1-0) en huitième de finale du Mondial face au Paraguay, le 4 juillet. En qualifiant la sélection française « d’équipe africaine », cette dernière ajoute un nouveau fait à la longue liste de polémiques racistes visant l’Argentine.
Deux ans plus tôt, lors de la Copa America 2024 remportée par l'Albiceleste, un chant nauséabond avait été entonné par des supporters avant d’être repris par certains joueurs eux-mêmes. « Ils jouent pour la France mais viennent tous d’Angola. Comme c’est beau, ils vont courir, ils aiment les travestis comme cette p*** de Mbappé. Sa vieille est nigériane, son vieux camerounais, mais sur les papiers : nationalité française. »
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Pour comprendre d’où viennent ces polémiques à répétition, il faut remonter plusieurs siècles en arrière. Contrairement à la plupart des pays d'Amérique du Sud, l'Argentine s'est construite autour d'un idéal très clair : devenir une nation européenne. À la fin du XIXe siècle, les dirigeants argentins ont volontairement encouragé une immigration massive venue d'Europe, notamment d'Italie, d'Espagne et d'Allemagne, dans l'optique de bâtir une nation « blanche ».
Les Afro-Argentins ne représentent plus que 3 à 5 % de la population
Pourtant, selon les archives historiques, il y a 200 ans, dans des villes comme Buenos Aires et Santiago, les Noirs représentaient plus de 20 % de la population. Ont suivi des décennies d’effacement de la culture afro-argentine en bâtissant un récit national selon lequel « en Argentine, il n'y a pas de Noirs ». Les descendants d'esclaves africains ont ainsi été progressivement invisibilisés : « Il y a eu une manipulation qui est devenue l'histoire officielle dans les écoles, et qui est restée l'histoire canonique, dans laquelle ni les femmes, ni les peuples autochtones, ni les Afro-descendants n'avaient leur place », retrace l'historien Felipe Pigna à BBC News Mundo, dans un article publié en février dernier.
Aujourd’hui, les conséquences sont encore bien présentes. Les Afro-Argentins ne représentent plus que 3 à 5 % de la population. Et il n’y a aucun joueur noir dans les rangs de l’Albiceleste. Malgré tout, des associations, chercheurs et artistes remettent en lumière cette disparition volontaire de l’identité noire argentine. Depuis 2010, dans le pays, les recensements permettent de se déclarer afro-descendant.


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