L’image de la France , première destination touristique mondiale, risque de prendre un coup sérieux. En Allemagne, le ministre fédéral de l’intérieur et la dirigeante du parti d’extrême droite AfD accusent l’immigration et l’extrême gauche d’être responsables du chaos et des pillages dans l’Hexagone, comme Donald Trump.

Luc Chaillot - Aujourd'hui à 06:00 - Temps de lecture :

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Les violences en France continuent d’avoir un large écho à l’étranger. Les vidéos montrant le chaos et les scènes de pillages en marge des manifestations du week-end ont fait le tour du monde. L’image de l’Hexagone, première destination touristique mondiale, risque de prendre un coup sérieux. Dimanche, le ministère allemand des Affaires étrangères a appelé ses ressortissants se trouvant en France à la « prudence ». Lundi, la Chine a conseillé à son tour à ses citoyens voyageant en France de « renforcer leurs mesures de sécurité ». Les touristes venus visiter le musée du Louvre à Paris étaient déçus car le musée le plus fréquenté au monde était bloqué lundi par des étudiants qui disent soutenir le mouvement lycéen et protester contre les violences policières.

Les professionnels commencent à s’inquiéter des conséquences des scènes de violences et de destructions pour l’économie touristique. ADN Tourisme, l’Association nationale des élus des territoires touristiques, la Confédération des acteurs du tourisme (CAT) et le réseau des instituts nationaux de tourisme demandent « des mesures immédiates pour rétablir la sécurité et préserver l’attractivité de la France ».

Aux États-Unis, les images des commerces pillés et des bâtiments publics en flammes tournent en boucle sur Fox News, la chaîne préférée de Donald Trump. « La France brûle », écrit le président américain, qui cherche à exploiter politiquement les événements en France à deux semaines des élections de mi-mandat aux États-Unis. « L’immigration de personnes venues d’un tout autre monde, des personnes animées de haine, a détruit ce pays autrefois si grand », affirme-t-il, alors que les profils des casseurs et des pilleurs sont très variés. Donald Trump tient le même discours que l’extrême droite européenne. La dirigeante de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) Alice Weidel a comparé les violences en France à « une attaque contre la civilisation occidentale menée par des bandes issues de l’immigration et des agitateurs d’extrême gauche ».

« La France, nouvelle Grèce ? », se demande Bild

Le ministre fédéral allemand de l’Intérieur Alexander Dobrindt dit la même chose. Ce membre de la CSU bavaroise, le parti frère de la CDU du chancelier Friedrich Merz, dénonce une « lutte armée contre la société libre et notre mode de vie » dont seraient responsables selon lui « des extrémistes de gauche et des éléments issus de milieux migrants qui s’allient dans la rue pour combattre le système démocratique ».

Le ministre fédéral allemand de l’Intérieur Alexander Dobrindt dénonce une « lutte armée contre la société libre et notre mode de vie » dont seraient responsables selon lui « des extrémistes de gauche et des éléments issus de milieux migrants ».  Photo Sipa /Carsten Koall Le ministre fédéral allemand de l’Intérieur Alexander Dobrindt dénonce une « lutte armée contre la société libre et notre mode de vie » dont seraient responsables selon lui « des extrémistes de gauche et des éléments issus de milieux migrants ».  Photo Sipa /Carsten Koall

La presse allemande décrit une France au bord du gouffre et menacée d’un naufrage financier alors que la dette française dépassait les 3 595 milliards d’euros à la fin du deuxième trimestre 2026. « La deuxième économie de la zone euro est-elle en passe de devenir la nouvelle Grèce ? », se demande Bild, le premier quotidien allemand, qui s’inquiète pour les ménages en Allemagne. « Cette crise pourrait-elle mettre en péril notre épargne, voire engendrer une nouvelle crise de l’euro ? Ces inquiétudes ne sont pas dénuées de fondement », estime le tabloïd.

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