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Les opérateurs éteignent progressivement les technologies 2G et 3G à partir de ce mardi. L'association Halte à l'obsolescence programmée alerte sur « des impacts sociaux, environnementaux et économiques considérables ».
L.G. - Hier à 19:00 | mis à jour hier à 19:14 - Temps de lecture :
La 2G et la 3G, c'est (bientôt) fini ! Les opérateurs ont décidé d'éteindre ces deux technologies de télécommunication mobile, déployées dans les années 1990 puis 2000. Elles vont progressivement disparaître dans les prochains mois, à la faveur de la 4G et de la 5G.
La première phase de l'arrêt du service a commencé ce mardi, sur le réseau Orange à Bayonne, Anglet et Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). Le reste de la France et des opérateurs suivront prochainement, selon un calendrier consultable sur le site de l'Arcep (l'Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse). Pour la 3G, l'extinction ne commencera pas avant la fin 2028. La 4G et la 5G sont « plus sûres, performantes et efficaces en énergie », souligne l'Arcep. Ces technologies « ont déjà pris le relais pour l’essentiel des appels et SMS ou l’accès à internet mobile du grand public dans la très grande majorité des cas », ajoute l'autorité, selon qui la 4G couvre « plus de 99,9 % de la population métropolitaine ».
Obsolescence forcée
Reste que « certaines personnes utilisent encore des téléphones n’étant pas compatibles avec les technologies 4G et 5G », reconnaît l'Arcep. Ces terminaux, « d’anciennes générations » ou « minimalistes » cesseront de fonctionner en même temps que la 2G et la 3G. Selon l'association Halte à l'obsolescence programmée (HOP), 2,6 millions de téléphones ne pourront bientôt plus passer des appels ou envoyer des SMS. L'Arcep explique sur son site comment savoir si son appareil est concerné.
« Loin d’être marginale, l’utilisation de ce type de mobiles est encore courante chez certains publics particulièrement vulnérables », comme les « personnes sans-abri, exilées ou victimes de violences », alerte HOP. L'association dénonce par ailleurs l'« impact environnemental conséquent » du renouvellement des téléphones devenus obsolètes, qu'elle estime à quelque « 207 000 tonnes de CO2, soit l’équivalent de près de 24 000 tours de la terre en voiture thermique ». Et s'inquiète d'un « effet d'aubaine », qui pourrait pousser les opérateurs à rediriger les clients concernés vers des forfaits mobiles trop chers ou pas adaptés.
Des ascenseurs à l'arrêt si rien n'est fait
Les téléphones ne sont d'ailleurs pas les seuls équipements menacés : d'après HOP, 10 millions d'autres objets connectés seraient encore dépendants aux réseaux 2G et 3G en France. C'est par exemple le cas des ascenseurs : fin 2024, « près de 50 % du parc ascenseur [était] équipé en 2G-3G » pour joindre le service d’assistance en cas de panne, selon la Fédération des ascenseurs. Cette dernière a prévenu qu'il serait « très difficile, sinon impossible » de remplacer ou mettre à niveau tous les ascenseurs concernés dans les délais requis. Or, s'ils « ne sont pas modifiés, [ils] ne respecteront plus la réglementation [...] ce qui est susceptible d’imposer une mise à l’arrêt de l’appareil », a prévenu la Fédération. Elle presse donc les copropriétés d'agir au plus vite. Coût de l'intervention : entre 600 et 1 800 euros, selon HOP.
Dispositifs médicaux (masques contre l'apnée du sommeil, prothèses cardiaques, etc), systèmes de téléassistance (bracelets anti-chutes), interphones connectés... Les fabricants ont dû remplacer de nombreux appareils car ils étaient incompatibles avec la 4G ou la 5G. Dans certaines voitures, le système d'appel d'urgence eCall, qui compose automatiquement le 112 en cas d'accident grave, va même devenir inopérant. Seuls les modèles produits « à partir de janvier 2026 » doivent passer à la nouvelle génération, note HOP.
Il n'y a pas que les consommateurs et les entreprises qui vont pâtir de la fin de la 2G et de la 3G : « Les collectivités territoriales devront remplacer de nombreux équipements d’éclairage public, parfois très récents », indique HOP. En définitive, l'association évalue le surcoût à 1,36 milliard d'euros minimum. Pour HOP, « cette situation doit faire précédent ». Avec l'arrivée de la 6G prévue à partir de 2030, elle demande à l'État de mieux encadrer les « arrêts de réseaux », « afin d’en limiter les impacts économiques, sociaux et environnementaux ».


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