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La secrétaire nationale des Écologistes a annoncé sa grossesse en en faisant un combat politique. En médiatisant son parcours personnel, la candidate à la prochaine présidentielle met en lumière l’infertilité.
Nathalie Mauret - Hier à 20:00 | mis à jour hier à 20:13 - Temps de lecture :
Être candidate à la présidentielle et annoncer une grossesse de façon concordante sur une chaîne de télévision, dans un grand hebdomadaire féminin et sur les réseaux sociaux relève à la fois du privé et du politique. Marine Tondelier, 39 ans, la secrétaire nationale des Écologistes, a choisi de révéler qu’elle était enceinte, ainsi que le parcours personnel difficile qu’elle a connu pour pouvoir en faire un combat. PMA, FIV, et fausses couches ont rythmé plusieurs années de sa vie de femme avant qu’elle ne mette son projet de seconde maternité « sur pause », selon son expression, et qu’elle ne tombe enceinte fin 2025, finalement sans intervention médicale.
Une femme sur trois est concernée par une fausse couche, un couple sur cinq par l’infertilité : Marine Tondelier fait de l’annonce de sa future maternité un combat politique. Égratignant au passage les propos sur le « réarmement démographique » voulu par Emmanuel Macron qu’elle juge « culpabilisants », elle met en lumière les difficultés liées à l’infertilité, notamment les échecs liés à des anomalies de l’embryon avant son implantation. Dans le magazine Elle, la secrétaire nationale des Écologistes plaide en faveur d’une autorisation plus large du diagnostic préimplantatoire, actuellement restreint en France à des cas exceptionnels, ce qui permettrait « dans un cadre bien défini » d’avoir davantage de grossesses qui arrivent à terme. Elle milite aussi pour mieux faire connaître le don de gamètes.
« Elle voulait avoir un discours de fond à l’occasion de son annonce », décrypte une proche de Marine Tondelier. Mettre en cohérence le public et le privé, à la sortie des municipales et au début d’une campagne présidentielle pour laquelle elle s’est déclarée dès l’automne. Une candidature sous le signe de « la politique écologiste et féministe du vivant », qu’elle défendra jeudi à Villepinte, ville nouvellement gagnée par son parti en Seine-Saint-Denis. Elle y présentera sa dernière publication, Ce que nous devons, Manifeste pour une primaire de la gauche et des écologistes et une victoire en 2027.
Une primaire incertaine
Malgré les débats suscités entre les deux tours par les accords entre son camp, le Parti socialiste et La France insoumise, Marine Tondelier reste une des plus ardentes défenseuses de la primaire de la gauche prévue en octobre. Une partie du PS et Raphaël Glucksmann refusent d’y participer, ce qui plombe l’initiative qu’elle a lancée avec Lucie Castets, désormais élue à Paris.
« Depuis le début, elle explique qu’en dehors du Rassemblement national, le camp qui aura le ticket d’accession au second tour sera le plus uni. D’où la primaire, idée qui chemine aussi à droite », dit-on chez les Écologistes. L’affaiblissement d’Olivier Faure dans notre sondage Odoxa dément cet enthousiasme : le premier secrétaire du PS est considéré comme un bon candidat à la présidentielle par 18 % des Français, derrière François Hollande (22 %) François Ruffin (26 %), et loin derrière Raphaël Glucksmann (31 %). Pas de quoi effrayer Marine Tondelier, habituée à l’adversité.


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