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Grâce aux complémentaires, le niveau de remboursement n’a quasiment pas bougé en quarante ans. Mais le coût de la santé a explosé, grevant le budget de la Sécu alors que l’hôpital public et la médecine de ville traversent une crise structurelle.
JML - Aujourd'hui à 20:15 | mis à jour aujourd'hui à 20:35 - Temps de lecture :
La France reste le pays où les soins et médicaments sont les mieux remboursés.Photo Sipa/Adil Benayache
Ce n’est pas un mystère : cela fait des années que le système de soins est en crise. Faute de personnel soignant, plus de 200 services d’urgences ont dû fermer totalement ou partiellement durant l’été 2024, selon un rapport du Samu. Conséquence du numerus clausus, supprimé en 2020, la France manque aussi de médecins généralistes, dont le besoin se fait d’autant plus sentir que la population vieillit : 339 médecins (dont 150 généralistes) pour 100 000 habitants, un chiffre parmi les plus bas de l’UE.
Le cocktail est explosif : en raison du peu d'accès à la médecine de ville, les patients viennent encombrer les urgences, où les délais de traitement s'allongent. Cette surcharge entraîne à son tour une dégradation des conditions de travail pour les soignants, renforçant encore la crise d’attractivité traversée par l’hôpital public. Le bilan du Ségur de la santé, qui devait permettre de résorber ces tensions, est imparfait. Selon le baromètre de la Fédération hospitalière de France, trois Français sur quatre craignent de ne pas pouvoir accéder à des soins de qualité en cas de besoin urgent.
Hausse des coûts hospitaliers
La crise du système contraste avec l’excellent remboursement des soins. Malgré le doublement de la franchise médicale, la France affiche un niveau de reste à charge (la part des soins médicaux payés par les ménages) parmi les plus bas de toute l’Europe : moins de 9 %, selon l’OCDE. Un chiffre moins élevé que dans les années 1980, grâce à la montée en puissance des complémentaires, et inférieur à la moyenne européenne (15 %).
La structure du financement de la consommation de soins et de biens médicaux n’a quasiment pas bougé depuis quarante ans, avec une prise en charge par la Sécurité sociale de l’ordre de 77 à 79 %. Leur coût, en revanche, a progressé presque au même rythme que l’espérance de vie. Les coûts des soins hospitaliers, en particulier, ont bondi alors que le prix des médicaments a connu une baisse continue.
La France reste un des pays qui consacre la plus grosse part de son PIB à la santé (11,5 % en 2023), derrière l’Allemagne et devant l’Autriche et la Suède. Le déficit de la Sécurité sociale devrait atteindre 23 milliards d’euros cette année. La faute à des prévisions de recettes trop optimistes et des dépenses non maîtrisées, ainsi qu’à la dégradation de la situation financière des hôpitaux publics, avait dénoncé la Cour des comptes dans un rapport s’inquiétant d’une « trajectoire hors de contrôle ». Le PLFSS prévoit de le ramener à 17 milliards en 2026.


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