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De possibles coupes budgétaires aux universités inquiètent les professeurs

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À un mois du dépôt du budget provincial, c’est une course contre la montre pour trouver où la province peut faire des économies. Des discussions se déroulent entre Fredericton et les universités publiques qui pourraient subir des coupes budgétaires.

Alors que le gouvernement est aux prises avec un déficit prévu qui va dépasser le milliard de dollars, la province est à la recherche d'endroits où couper dans ses dépenses.

Pour ce faire, elle organise des discussions avec différents secteurs et prévient que l'heure est aux décisions difficiles. Les quatre universités publiques de la province, soit l’Université de Moncton, l’Université St.Thomas, l’Université Mount Allison et l’Université du Nouveau-Brunswick, sont donc partie prenante des discussions.

Une situation qui n'est pas sans inquiéter la Fédération des associations de professeures et professeurs d'université du Nouveau-Brunswick.

Un homme assis à son bureau sourit à la caméra.

Jean Sauvageau, président de la Fédération des associations de professeures et professeurs d'université du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Mikael Mayer

Dans les derniers jours, Jean Sauvageau, président de la Fédération des associations de professeures et professeurs d'université du Nouveau-Brunswick, tente de se faire confirmer la rumeur qui veut que Fredericton couperait la subvention aux universités publiques de 10 %.

J’ai reçu une réponse du ministère de l'Éducation postsecondaire, qui dit qu’en effet, à toute fin pratique, tout est sur la table pour l’instant.

Si un tel scénario venait à se réaliser, il se demande comment les universités pourraient continuer à fonctionner quand elles arrivent à peine à boucler leurs opérations avec le budget actuel.

Le président de l’Association des bibliothécaires, professeurs et professeurs de l'Université de Moncton (ABPPUM), Denis Lajoie, a aussi entendu ces rumeurs, qui l’inquiètent grandement.

Un homme assis sourit à la caméra.

Denis Lajoie, président de l’Association des bibliothécaires, professeurs et professeurs de l'Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano

Nous, ce qu’on entend, c’est qu’on leur demande d'étudier des scénarios où la subvention gouvernementale est coupée de 10 %, on nous dit que tout devrait être sur la table.

L’Université de Moncton, de son côté, précise qu’aucune décision n'a été prise quant au cadre de financement des universités, lors de ces discussions.

Quant à la rumeur d'une coupure de 10 % de notre subvention annuelle qui circule, nous n'avons pas été informés d'une telle mesure, précise la direction des communications de l’Université de Moncton.

La fédération étudiante inquiète

Parmi les autres pistes d'économies qui seraient à l'étude : la possibilité que les universités payent elles-mêmes leurs impôts fonciers, les fusions ou fermetures de campus ne seraient pas non plus exclues, selon Jean Sauvageau.

L’ABPPUM encourage donc d'ores et déjà ses membres à contacter leurs députés locaux pour faire pression. Denis Lajoie explique que Fredericton doit enfin comprendre que les universités sont un investissement, pas une dépense.  On contribue au bon fonctionnement de la province.

Un avis partagé par Jean Sauvageau. Une diminution de 10 % de la subvention gouvernementale aurait un impact négatif sur les jeunes partout en province, soutient-il.

Il y a une incompréhension de la part des gouvernements de figurer que les universités publiques sont des investissements, dont tout le monde profite éventuellement.

La Fédération étudiante du campus universitaire de Moncton (FÉCUM) est inquiète de ces possibles coupes. Selon elle, ce sont les étudiants qui paieront la note, en fin de compte.

Emma Raphaelle.

Emma Raphaelle, présidente de la Fédération étudiante du campus universitaire de Moncton. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Katherina Boucher

Pas besoin d’un dessin pour comprendre qui va payer : si le revenu d’une source baisse, il faut augmenter de revenu ailleurs et tout le monde sait par où ça passera, dit Emma Raphaelle, présidente de la FÉCUM.

Aucune décision n'a encore été prise

Les autres universités publiques évitent de se prononcer sur la question.

Le ministère de l’Éducation postsecondaire ne confirme pas, mais n'infirme pas non plus, qu'une réduction de 10 % de la subvention annuelle ou qu'une fusion ou fermeture de campus fasse partie des discussions.

Le gouvernement mène actuellement un processus de consultation publique. Aucune décision n'a encore été prise, écrit une porte-parole.

Les universités, les collèges et le ministère ont participé mercredi à une rencontre pour étudier les possibilités.

Avec les informations de Frédéric Cammarano

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