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Des villégiateurs aux abords de la rivière Moisie ont trouvé des avis d'expulsion collés sur les murs et les portes de leurs chalets, signés par le Camp de pêche de la rivière Moisie. Ces documents exhortent les résidents à libérer les lieux et à démolir leurs habitations d'ici 30 jours, sous peine de recours judiciaires et d'une démolition forcée. La manœuvre est dénoncée par la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam.
Plusieurs lettres, signées le 22 juillet 2026, exigent l'identification des occupants des bâtiments et l'arrêt immédiat de toute activité, interdisant formellement d'occuper, de réparer ou d'agrandir l'habitation ou de modifier l'environnement en abattant des arbres ou en faisant des feux.

Des chalets du lot 4 844 668 du cadastre du Québec sont visés par ces avis.
Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau
De plus, l'une des lettres publiées sur Facebook par un villégiateur contraint les occupants à ne pas entraver, menacer, intimider, harceler ou gêner le Camp de pêche de la rivière Moisie inc., indiquant que ces constructions se trouvent sur sa propriété sans son consentement ni son autorisation.
Un conflit en cours
Rappelons que le Camp de pêche de la rivière Moisie a déjà vu deux de ses demandes d'injonction visant à interdire aux membres de la communauté d'accoster ou de pêcher dans ce secteur être rejetées par les tribunaux.
La dernière étape du litige, celle de l’injonction permanente, doit encore être entendue par les tribunaux.

Même des installations en construction ne sont pas épargnées.
Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau
Pour le conseiller de la communauté de Uashat mak Mani-utenam Norbert Fontaine, ces avis représentent la plus récente tentative du Camp de pêche pour empêcher les Innus d'exercer leurs droits ancestraux sur le territoire.
Il se dit d’ailleurs surpris par cette nouvelle mesure du Camp de pêche de la rivière Moisie.
Dans le jugement, la juge a ordonné aux deux parties de trouver un équilibre et une méthode de collaboration pour que la prochaine saison de pêche se passe cordialement. Mais avec ces actions-là, [le Camp de pêche] montre qu’il n'est pas de bonne foi, déplore-t-il en entrevue.

Norbert Fontaine est conseiller à Uashat mak Mani-utenam. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Michèle Bouchard
« Aucune obligation de répondre », selon le conseil
Pour le moment, le conseil de bande demande aux villégiateurs visés de ne pas répondre aux avis. Norbert Fontaine ainsi que le directeur du cabinet d’Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam (ITUM), Ken Rock, demandent aux personnes visées par ces avis de se référer au conseil s’ils ont des questions.
ITUM va toujours continuer à protéger ses membres. […] On le dit haut et fort depuis des siècles, c’est le Nitassinan, c’est à nous autres.
À la rédaction de ces lignes, le Camp de pêche de la rivière Moisie n'avait pas donné suite à nos demandes d'entrevue.


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