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En 2022, l’Alliance nouvelles voies, devenue Alliance des sables bitumineux, annonçait Pathways, un gigantesque projet de séquestration du carbone censé concilier la poursuite de la production d’énergie fossile et les objectifs environnementaux afin d’assurer à l’industrie une certaine acceptabilité sociale. Toutefois, le fait que de l’argent public sera injecté dans cette entreprise ne fait pas l'unanimité, notamment auprès des environnementalistes.
Plus tôt ce mois-ci, l’Alberta, le gouvernement fédéral et le consortium des cinq entreprises de l’Alliance des sables bitumineux ont signé une entente visant à donner suite au projet Pathways.
En vertu de cet accord, Ottawa s’est engagé à accorder, jusqu’en 2035, d’importants crédits d’impôt à l’investissement, et, surtout, à offrir un financement et un soutien supplémentaires pour couvrir les coûts d’exploitation du projet Pathways, même après sa construction.
Janetta McKenzie, directrice du secteur pétrole et gaz à l’Institut Pembina, un groupe de réflexion sur les politiques énergétiques, dénonce que de l’aide publique soit destinée à une industrie extrêmement lucrative et qui ne fait surtout pas partie des secteurs que les Canadiens considéreraient comme ayant besoin d’un coup de pouce.
Mme McKenzie critique également le fait que le nouvel oléoduc vers la côte ouest de la Colombie-Britannique sera financé à 90 % par des fonds publics.
Tom Green, de la Fondation David Suzuki, fustige également Ottawa pour son coup de pouce aux pétrolières.
Alors que des millions de Canadiens souffrent d’une mauvaise qualité de l’air, nous injectons encore plus d’argent dans l’industrie pétrolière et gazière.
Par ailleurs, selon lui, à travers Pathways, l’industrie fossile tente de faire croire qu’elle se soucie réellement de ses émissions.

Les pétrolières émettent plus de 90 millions de tonnes de gaz à effet de serre chaque année. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Cole Burston
La capture de CO₂, ce n’est pas rentable, dit l’industrie
S’exprimant à l’émission Calgary Eyeopener, sur les ondes de CBC, Kendall Dilling, président de l’Alliance des sables bitumineux, soutient que les projets de capture du carbone ne sont pas rentables en soi et que leur seul but est de réduire les émissions de carbone.
Les gouvernements et l’industrie doivent donc collaborer pour trouver le bon partage des charges fiscales afin de rendre un tel projet viable.
Comme le précise M. Dilling, le projet Pathways, selon les membres de son organisation, se justifie avant tout par le fait qu’il permettrait la construction d’un nouvel oléoduc, et, donc, la possibilité pour les entreprises des sables bitumineux d’augmenter à nouveau leur production de manière significative.
Il ajoute qu’il s’attend à ce que les crédits de carbone permettent de compenser en partie les coûts d’exploitation du projet.
Le problème lié aux crédits de carbone
L’un des principaux problèmes du marché actuel du stockage du carbone réside dans le prix des crédits de carbone en Alberta, ceux-ci étant générés par des entreprises qui dépassent leurs cibles d’émissions ou qui mettent en œuvre leur propre système de stockage du carbone.
L’idée est que ces entreprises puissent vendre leurs crédits de carbone à celles qui dépassent leurs limites d’émissions, créant ainsi une incitation financière à réduire les émissions ou à investir dans le stockage du carbone.
Le problème, c’est que les crédits de carbone en Alberta se négociaient à environ 35 $ la tonne au début de cette année, soit bien en dessous du prix officiel du carbone dans la province, qui est de 95 $ la tonne.
À en croire Eric Chi, professeur d’économie à l’Université de Guelph, le mode actuel de tarification du carbone constitue une défaillance du marché, qui a entraîné une offre excédentaire de crédits. Il note que cela rend les projets de réduction des émissions, dont le captage du carbone, non rentables.
Selon M. Chi, pour aider les projets de capture du carbone à survivre, le gouvernement pourrait offrir des subventions conditionnées.
Dans leur récente entente, l’Alberta et Ottawa se sont engagés à tenter de faire remonter le prix des crédits de carbone jusqu’à un prix minimum de 130 $ la tonne.
Ce montant pourrait cependant ne pas être suffisant pour inciter la réalisation d’un projet de l’envergure de Pathways, dont le coût pourrait atteindre 30 milliards de dollars.
Janetta McKenzie, de l’Institut Pembina, estime que les pétrolières doivent malgré tout assumer les coûts liés à la réduction de leurs émissions et non les contribuables canadiens, qui font les frais de la pollution de l'industrie fossile.
Avec les informations (nouvelle fenêtre) d’Inayat Singh


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