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À 32 ans, Roxane Dupuy devient Sommelière de l’année 2026 du Guide Michelin. Une récompense annoncée à Dublin qui consacre une passion née presque par hasard.
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Par Léa Pippinato Publié le 7 mars 2026 à 13h02
Le 9 février dernier, à Dublin, Roxane Dupuy a été élue Sommelière de l’année 2026 par le Guide Michelin pour la sélection Grande-Bretagne-Irlande. À 32 ans, la Française travaille aujourd’hui au restaurant Row on 5 à Londres, récemment promu deux étoiles Michelin. Dans cet établissement, elle accompagne les clients parmi près de 2 400 références de vins venues du monde entier.
Avant d’arriver au Royaume-Uni, elle a notamment suivi un BP Sommellerie à Purple Campus Béziers, une étape importante dans son parcours.
Quelle a été votre première réaction lorsque vous avez été élue Sommelière de l’année 2026 par le Guide Michelin ?
C’était à Dublin et l’ambiance était assez incroyable. Sur le moment, on ne réalise pas vraiment. Quand j’ai vu la vidéo avec mon nom, je me suis demandé si j’allais vraiment monter sur scène. On a l’impression que cela arrive à quelqu’un d’autre.
Quand on se retrouve sur scène, devant toute la profession, c’est un moment très particulier. Je me souviens que j’étais à côté de Gordon Ramsay et qu’il y avait énormément de monde dans la salle. C’était impressionnant et très émouvant. Ce prix est important pour moi parce qu’il récompense aussi le travail de toute l’équipe de salle et de sommellerie. Et puis, naturellement, je pense à toutes les personnes qui m’ont guidée dans mon parcours.
"Quand on se retrouve sur scène, devant toute la profession, c’est un moment très particulier. Je me souviens que j’étais à côté de Gordon Ramsay et qu’il y avait énormément de monde dans la salle"
Vous travaillez aujourd’hui au restaurant Row on 5 à Londres. Quel est votre rôle dans cet établissement ?
Nous avons ouvert le restaurant il y a environ un an et deux mois. Nous avons obtenu la première étoile Michelin très rapidement et la deuxième est arrivée un peu plus d’un an après l’ouverture. C’est déjà une aventure incroyable.
Le restaurant possède une carte d’environ 2 400 références. La cave représente à peu près 500 000 livres. Nous servons environ 35 couverts par soir, mais l’équipe de sommellerie va encore s’agrandir. Nous allons bientôt être cinq sommeliers. Dans beaucoup de restaurants aujourd’hui, il devient difficile de trouver des établissements qui investissent vraiment dans le vin et dans une équipe de sommellerie. J’ai beaucoup de chance de travailler dans un lieu qui nous donne les moyens de développer notre vision du métier.
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C’est un échange humain avant tout. Et je pense que cette convivialité touche beaucoup de nos convives. Nous avons déjà des habitués qui sont venus quatorze fois en un an. Pour un restaurant gastronomique, c’est assez exceptionnel.
Dans l’imaginaire collectif, le Royaume-Uni est souvent associé à la bière ou au whisky. Quelle place occupe le vin dans ces pays ?
La culture du vin marche très bien au Royaume-Uni. On trouve certaines des plus belles caves dans les hôtels et les restaurants britanniques. En Écosse ou en Irlande, il existe aussi une culture très forte autour des spiritueux. Les sommeliers connaissent souvent extrêmement bien le whisky.
Connaître les vins demande déjà énormément de travail. Quand on ajoute les spiritueux, cela demande encore plus de curiosité et de formation. Mais c’est passionnant. À Londres, la clientèle est très internationale. On peut avoir des clients français, britanniques, chinois ou américains dans la même soirée. Les habitudes sont très variées. Certains clients connaissent très bien le vin et d’autres découvrent. Chaque service est différent. Un soir, on peut vendre un grand Bourgogne, un vin espagnol ou un grand vin californien. On ne vend jamais la même chose deux jours de suite.
Comment votre passion pour le vin est-elle née ?
À l’origine, je voulais travailler en cuisine. Pendant mes vacances scolaires, j’allais travailler chez Léa Linster, une cheffe étoilée Michelin, au Luxembourg. Pendant mes études de cuisine, nous avons fait une première dégustation de vin. Et là, je suis tombée amoureuse de cet univers.
Aujourd’hui, c’est différent. Nous avons même une petite cave chez ma grand-mère avec quelques bouteilles de Châteauneuf-du-Pape. Mais au départ, ce n’était pas du tout notre culture familiale. Après cela, j’ai décidé de me former au vin. Je suis passée par l’Université du vin de Suze-la-Rousse puis par un CAP en salle pour pouvoir accéder au BP Sommellerie.
Vous avez étudié au Purple Campus Béziers. Que vous a apporté cette formation ?
Cette formation a été extrêmement importante pour moi. D’abord parce que nous avions un professeur exceptionnel, Ludovic Guillen. On dit souvent qu’il y a un professeur qui marque un parcours. Pour moi, c’était lui. Il était très exigeant. Mais c’est nécessaire dans ce métier. Il nous poussait à lire, à travailler et à visiter les vignobles.
Nous faisions énormément de visites de domaines. Parfois quatre ou cinq dans la même journée. C’était intense mais on apprenait énormément. Ces deux années ont été parmi les plus belles de ma vie. Nous étions une classe très soudée et nous avons beaucoup grandi pendant cette formation.
"Ces deux années ont été parmi les plus belles de ma vie. Nous étions une classe très soudée et nous avons beaucoup grandi pendant cette formation"
Comment avez-vous décidé de partir travailler à Londres ?
Après ma formation, je suis d’abord partie en Suisse parce que je voulais découvrir le travail dans les palaces. J’y suis restée environ deux ans. Cette expérience m’a permis de travailler les grands classiques : les Bordeaux, les Bourgognes et les grandes références.
Ensuite, j’ai décidé d’élargir mes horizons. Un de mes mentors m’avait conseillé d’aller à Londres. Je ne connaissais personne là-bas, mais je voulais absolument travailler avec Frédéric Brugues au restaurant Sketch.
Wine and dine with Fred Brugues at sketch… …The first in a series with our resident sommeliers, we started things off by asking our Wine Director Fred a few big questions about one of our favourite topics – drink. #sommelier #sommelière #sommelleriefrançaise #londondrinks #londonrestaurant #winefacts #winelover
Londres est une ville incroyable pour le vin. C’est une scène très dynamique et très internationale.
Comment définiriez-vous le rôle d’un sommelier dans un restaurant gastronomique ?
Le rôle d’un sommelier est d’être un bon hôte. Il faut recevoir les gens dans le restaurant comme si on les accueillait chez soi. Quand on reçoit quelqu’un à la maison, on veut lui faire plaisir. Dans un restaurant, c’est exactement la même chose. Bien sûr, il faut connaître les vins, gérer une cave, comprendre la partie financière et construire une carte cohérente. Mais au final, le plus important reste le plaisir des clients.
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