Filipe Ribeiro, chef de mission à Médecins sans frontières (MSF), a quitté Jérusalem en février 2026, après expiration de son visa humanitaire. Comme environ 70 travailleurs de l’ONG française (sur 1500 au total) qui opéraient jusque-là dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée, il a été contraint de «s’exiler» à Amman, la capitale jordanienne voisine, à la suite de l’interdiction par Israël de poursuivre ses missions en territoires palestiniens occupés (TPO). «Nous avons longuement essayé de négocier avec les autorités israéliennes mais nous nous sommes retrouvés face à un mur», explique-t-il depuis Amman.
Le 1er janvier 2026, Israël a retiré à 37 organisations étrangères les accréditations dont elles bénéficiaient, après refus de celles-ci de se conformer à de nouvelles règles jugées contraires au droit international humanitaire. Pour conserver ces accréditations, les ONG étrangères s’étaient notamment vu demander de transmettre la liste des noms de leurs employés palestiniens pour des raisons de «sécurité». «On aurait donné des identités de Palestiniens vivant en Palestine, et non pas en Israël, à la puissance occupante qui par ailleurs, depuis deux ans et demi, les cible systématiquement», ajoute Filipe Ribeiro. Selon un bilan des Nations unies publié début avril, 589 travailleurs humanitaires ont été tués à Gaza depuis le 7 octobre 2023, dont 397 membres du personnel et collaborateurs des Nations unies.


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