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Dans les parcs de Pékin, une génération chante toujours à la gloire de Mao

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Pékin le 27 aout 2026
Dans un parc, Zhang Yongli (troisième depuis la gauche)  avec des membres du “Choeur des Etoiles” dans une performance de chansons “rouges”.
Gilles Sabrié pour Le Monde Gilles Sabrié POUR « LE MONDE»

Mao, l'encombrant héritage

L’épisode 5 sera disponible prochainement.

Mao, l'encombrant héritage

L’épisode 5 sera disponible prochainement.

Par Jordan Pouille 

Publié aujourd’hui à 19h00

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Enquête« Mao, l’encombrant héritage » (4/7). Témoins de la Révolution culturelle, voire du Grand Bond en avant, de nombreux retraités se retrouvent dans les parcs. A travers leurs chants, ils font revivre une époque, même si la plupart préfèrent ne pas transmettre ce vécu douloureux à leurs descendants.

« La rivière Liuyang/ Elle serpente sur neuf courbes/ Cinquante lieues d’eau jusqu’à la rivière Xiangjiang/ Sur ses rives se trouve le district de Xiangtan/ C’est là qu’est né le président Mao. » A l’entrée est du parc boisé du Lac de la solidarité (Tuanjiehu), au cœur de Pékin, trois matins par semaine, une centaine de retraités tirés à quatre épingles célèbrent Mao à pleins poumons. Certains ont connu la faim lors du Grand Bond en avant (1958-1961), d’autres, la brutalité de la Révolution culturelle (1966-1976). Tous ont grandi avec son portrait dans le salon, « Le Petit Livre rouge » à portée de main et les chansons à sa gloire. Ils sont les derniers témoins d’une époque dont la mémoire se transmet de plus en plus difficilement à leurs enfants et petits-enfants.

Parmi eux, Yongli (qui n’a pas souhaité donner son nom), 77 ans, chaussures, pantalon et polo noirs, micro à bonnette rouge. Ce fils d’ouvriers, pékinois depuis trois générations, chante comme il marche : « Je m’adonne à la chanson patriotique, qui me rend enthousiaste, et à la marche rapide. J’ai une tension artérielle de jeune homme. Je peux viser les 100 ans. » « Ces chants ont le mérite de véhiculer des émotions positives, souligne Justine Rochot, sociologue du troisième âge en Chine et chercheuse à l’Institut français de recherche sur l’Asie de l’Est. Cela correspond aux objectifs que se fixent bien des retraités chinois en se rendant au parc, à savoir oublier les problèmes domestiques et préserver leur santé. »

Yongli – son prénom signifie « victoire éternelle » – a traversé les premières années de la Révolution culturelle sous la protection de sa sœur, une garde rouge. « Elle m’a emmené en train pour aller voir la maison natale de Mao à Shaoshan [dans la province du Hunan, au centre de la Chine]. Elle disposait d’une lettre de recommandation de l’école numéro 56 de Pékin pour voyager n’importe où. Nous n’avions peur de rien. »

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