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Dans les coulisses des prises d’otages
L’épisode 4 sera disponible prochainement.
Dans les coulisses des prises d’otages
L’épisode 4 sera disponible prochainement.
Par Jacques Follorou
Publié aujourd’hui à 17h58, modifié à 18h31Article réservé aux abonnés
RécitAprès l’enlèvement, en janvier 2011, d’Antoine de Léocour et de Vincent Delory, à Niamey, par des djihadistes, les militaires français interceptent les ravisseurs en plein désert. Les deux otages périssent. « Le Monde » décrit le contenu d’images inédites de cette opération improvisée et chaotique.
« Dans les coulisses des prises d’otages » (3/4). Antoine de Léocour, un humanitaire de 25 ans, tombé amoureux de l’Afrique et d’une Nigérienne qu’il s’apprête à épouser, dîne, le 7 janvier 2011, avec des amis au Toulousain, un restaurant de Niamey apprécié des expatriés. Il vient de récupérer à l’aéroport son témoin de mariage, Vincent Delory, 25 ans également, originaire du même quartier que lui, à Marcq-en-Barœul, dans le département du Nord. Le petit groupe occupe la première table à l’entrée de l’établissement. La nuit est tombée, l’heure est à la fête, c’est une nouvelle page de vie qui s’ouvre pour Antoine, sous les yeux ravis de son ami d’enfance et de ses camarades nigériens. Mais ce destin se brise brutalement vers 22 h 40, lorsque des djihadistes d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) font irruption, armes à la main. Ils forcent les deux jeunes Français à monter à bord d’un 4 × 4 blanc Toyota, qui prend la fuite vers le nord de la ville, en direction du Mali. C’est la sidération.
Le vigile du restaurant prévient la gendarmerie et la garde nationale. L’attaché de défense de l’ambassade de France à Niamey est informé un quart d’heure plus tard de la prise d’otages et alerte les autorités françaises. Paris n’est qu’à moitié surpris. Depuis 2008, les enlèvements de Français se sont multipliés, notamment dans la région sahélienne. Le 19 avril 2010, Michel Germaneau était kidnappé au Niger et détenu dans le nord du Mali. Le 23 juillet, les services secrets français ont tenté, par la force, de le sauver. En vain. Il n’était pas présent sur les lieux de l’intervention. En représailles, les djihadistes l’ont exécuté. Le 16 septembre, sept employés de l’entreprise Areva ont encore été kidnappés, au Niger, par AQMI, et transférés au Mali.
Alors qu’Antoine de Léocour et Vincent Delory sont emmenés sous la contrainte des armes, la France a opté depuis quelque temps pour la manière forte face aux prises d’otages de ses ressortissants. Fini le temps des négociations. « On ne voulait plus que les Français soient assimilés à une rente financière par les groupes terroristes dans le monde, c’était aussi une manière de les protéger », se souvient Bernard Kouchner, qui avait quitté le ministère des affaires étrangères deux mois auparavant. L’armée française a déployé, quelques mois plus tôt, des forces spéciales au Burkina Faso et des moyens aériens à Niamey et au Tchad.
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