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Profitant du cessez-le-feu de dix jours entré en vigueur le 17 avril, les habitants de Tyr et des villages alentour enterrent leurs morts dans des cimetières provisoires.

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Des tombes provisoires, à Tyr, au Liban, le 8 avril 2026. Des tombes provisoires, à Tyr, au Liban, le 8 avril 2026.

Une lamentation lancinante s’élève d’un terrain de sable ouvert au vent, à quelques centaines de mètres de la mer, à Tyr, ville côtière du sud du Liban. Agenouillée devant une tombe de terre, une femme en pleurs égrène prières et mots d’affection. Vingt-huit autres sépultures sont alignées dans ce cimetière provisoire, ouvert pendant la guerre. Des numéros – et parfois une photographie – tiennent lieu d’identification. Profitant de la fragile trêve au Liban, qui a interrompu la guerre entre Israël et le Hezbollah depuis vendredi 17 avril, d’autres silhouettes se recueillent. A Tyr, le deuil et le choc sont partout.

Hussein a les larmes aux yeux. Venu spécialement de Beyrouth, il prie sur la tombe d’Ali Al-Khaled, un collègue depuis plus de vingt ans au sein des forces de sécurité. « Le 8 avril, Ali a cru que la trêve régionale dans la guerre entre l’Iran et les Etats-Unis s’étendait au Liban. Il a voulu repartir chez lui, à Marwahine [un village sunnite]. Il a été tué en route par l’armée israélienne, avec son frère, qui était un civil », explique ce militaire, qui ne donne que son prénom car il n’est pas autorisé à parler à la presse. Les deux frères sont enterrés l’un près de l’autre ; des drapeaux libanais sont plantés dans le sol.

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