Aslak Holmberg vit à Nuorgam, au bord du fleuve Deatnu (Teno, en anglais), à l’extrême nord de la Laponie finlandaise, tout près de la frontière norvégienne. Mais lui préfère dire «dans le nord de Sápmi», nom qui désigne le territoire ancestral de son peuple, qui recèle des sites sacrés. Il est le cousin de l’écrivain et musicien Jalvvi Niillas Holmberg. Titulaire d’un master en études autochtones, Aslak Holmberg a présidé le Saami Council entre 2022 et 2024, sorte de faîtière pour les Samis. Activiste, il est aussi enseignant et pêcheur de saumons.
«Une grande partie de mon travail tourne autour de la rivière, de la pêche au saumon et des droits liés à cet environnement», explique-t-il, par Zoom. «J’ai grandi en pêchant le saumon et j’ai vu de nombreux changements affecter à la fois la rivière et les communautés qui en dépendent». Se sent-il concerné par la militarisation grandissante de la Laponie? «Où j’habite, nous sommes relativement loin de la frontière russe. Et la caserne la plus proche se trouve à environ 200 kilomètres». Il ne sous-estime pas pour autant l’impact de l’augmentation des activités militaires. «L’armée constitue une autre façon d’empiéter sur nos terres», dit-il. Mais ces temps, il s’est surtout focalisé sur une autre guerre: celle des saumons qui se joue dans la rivière Deatnu.


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