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Dans l’Okanagan, troquer les applis pour le speed dating

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Depuis sa création en 2025, l'entreprise Speed Dating Kelowna (SDK) a organisé plus d’une centaine de soirées pour célibataires dans l’Okanagan, en Colombie-Britannique, en se présentant notamment comme une solution de rechange aux applications de rencontre. Décryptage du phénomène.

Les applications de rencontre me rendaient triste, affirme Michelle Tillack, qui a rencontré son amoureux, Gaurav Lalwani, lors d’une soirée de SDK. Elle raconte que, avant cette activité, tous les deux fréquentaient pourtant les mêmes applications en même temps, sans jamais être entrés en contact l'un avec l'autre.

Michelle Tillack et Gaurav Lalwani se regardent amoureusement au restaurant Famoso Italian Restaurant à Kelowna, le 22 juin 2026.

Michelle et Gaurav forment un couple. Ils se sont rencontrés lors d’une soirée de Speed Dating Kelowna en décembre 2025.

Photo : Radio-Canada / Charlotte Groulx

C’est fou de se dire qu’on a eu le coup de foudre en personne, alors qu’on s’est peut-être ignorés sur nos écrans quelques fois, reconnaît Michelle Tillack.

C’est sa personnalité qui a interpellé Gaurav Lalwani, qui vante l’aspect plus tangible et engageant des rencontres éclair en personne, contrairement aux applications qui, dans son cas, n’allaient nulle part.

À quoi ressemble une soirée de speed dating?

La taille du groupe varie d’un événement à l'autre, gravitant autour d’une vingtaine de participants. Chaque personne s'assoit à une table numérotée avec une autre personne, puis les duos alternent au fil des rotations. Il peut y avoir jusqu’à 15 rendez-vous par soirée, d’une durée de 5 à 7 minutes.

Chaque participant remplit une feuille avec le nom des personnes rencontrées et indique s’il souhaite les revoir. Les correspondances sont ensuite transmises individuellement par courriel un jour plus tard, avec les coordonnées des personnes concernées.

Les événements de SDK ont lieu plusieurs fois par mois dans différents bars et restaurants de Kelowna. Ils s'adressent à des personnes âgées de 19 à 75 ans, durant des soirées ciblant des tranches d’âge d’environ 10 ans. La formule s’est élargie aux personnes queers et à d’autres villes de l’Okanagan, comme Vernon, Penticton et Salmon Arm.

Une feuille de papier séparée en différentes catégories, au bar Skinny Duke’s à Kelowna, le 4 juin 2026.

Chaque participant reçoit une feuille pour indiquer le nom des autres personnes et cocher s’il souhaite les revoir ou non, avec une section réservée aux notes.

Photo : Radio-Canada / Charlotte Groulx

Jacques Cloutier, adepte de ce type de rencontres depuis le début des années 2000, préfère lui aussi les rencontres en personne à celles en ligne, même s’il croit que tous les chemins mènent à Rome ou à Las Vegas.

Ma philosophie, c'est d’utiliser tous les moyens à ma disposition. Les applications de rencontre présentent certaines difficultés. Cela dit, j'ai vécu des relations réussies et positives au cours des 25 dernières années grâce à ces applications.

C’est la rencontre qui est importante, résume ce résident de Lake Country.

Jacques Cloutier au parc municipal de Kelowna, le 19 juin 2026.

Jacques Cloutier a participé à plus d’une demi-douzaine d’événements de Speed Dating Kelowna.

Photo : Radio-Canada / Charlotte Groulx

Ce qu’il apprécie de ces rencontres express, c’est que la personne est devant [soi], avec son langage corporel et son énergie, ce qui diminue l’ambiguïté. C’est beaucoup plus complet et réaliste comme approche pour rencontrer des gens qu’en ligne, affirme-t-il.

Parmi les inconvénients de cette méthode qui date des années 1990, Jacques souligne que le nombre de rendez-vous en une soirée peut être étourdissant. Le sexagénaire rajoute que leur durée est parfois frustrante, en étant soit trop court, soit trop long, selon qui se retrouve devant soi.

Or, il se fait encore une fois philosophe, recommandant de ne pas se laisser freiner par ces petits détails; l’important étant de trouver des partenaires potentiels, souligne-t-il.

Deux participants assis sur une banquette du bar Born to Shake, à Kelowna, le 25 juin 2026.

Une soirée de rencontres express en personne à Kelowna.

Photo : Radio-Canada / Charlotte Groulx

Le virtuel, principal vecteur de rencontres amoureuses

Une étude (nouvelle fenêtre) (en anglais) de l’Université Stanford avance que le virtuel, notamment les applications et les sites de rencontre, est devenu vers 2013 le principal véhicule de formation des couples hétérosexuels aux États-Unis. Il a alors détrôné le mode de rencontre le plus répandu au pays de l’Oncle Sam depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : le réseau d'amis.

Jules Pector-Lallemand, docteur en sociologie de l'Université de Montréal, a mené une enquête sur l’amour auprès de 40 participants âgés de 18 à 35 ans répartis entre Paris, Montréal et New York.

Selon lui, la prépondérance des applications de rencontre dans la formation des couples aux États-Unis démontre leur efficacité, malgré leurs aspects négatifs. Leur popularité peut néanmoins créer un effet de saturation qui finit par lasser les utilisateurs, les poussant à se tourner vers d’autres modes de rencontre, comme les rencontres éclair en personne.

La journaliste Charlotte Groulx.

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Des célibataires tannés par les applications de rencontre cherchent d’autres moyens de trouver l’âme sœur. Dans l’Okanagan, une initiative de speed dating charme plusieurs participants.

Photo : Radio-Canada

Jules Pector-Lallemand explique la fatigue des applications de rencontre par l’énergie nécessaire pour créer des connexions avec des inconnus en ligne, alors que chacun recherche une relation personnelle et singulière. En l’absence de référents communs et d’aisance conversationnelle, créer ces liens-là, c’est très épuisant, dit-il.

Par ailleurs, il conçoit les critiques envers ces plateformes et leur logique marchande comme faisant partie intégrante du discours amoureux moderne. On aime raconter que l’amour, c’est quelque chose qui nous arrive, plutôt que quelque chose que l'on fait, dit Jules Pector-Lallemand.

Une main se referme sur un verre de cocktail au bar Born to Shake, à Kelowna, le 25 juin 2026.

Depuis sa création en 2025, Speed Dating Kelowna a organisé plus d’une centaine de soirées pour célibataires dans l’Okanagan.

Photo : Radio-Canada / Charlotte Groulx

Sondé après une soirée de rencontres express, Rhys Widdis raconte qu’il en est à son sixième événement avec SDK. Il se dit même devenu accro à la formule.

Je ne savais pas que ça existait encore, ces événements à l'ancienne qu'on voit dans les films!

Il aime tellement cela qu’il redoute presque le moment où il va trouver la perle rare. Ce qui le tient en haleine? L’anticipation de, peut-être, rencontrer l’amour de [sa] vie dans cette pièce.

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