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Dans l’affaire Patrick Bruel, Helena Noguerra s’indigne que son témoignage ait fuité dans la presse

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La comédienne a expliqué à « Mediapart » avoir été très choquée que plusieurs médias dévoilent sans son consentement son nom et son témoignage.

Helena Noguerra  (ici en 2022) a témoigné anonymement auprès de Mediapart avoir été agressée sexuellement par Patrick Bruel au début des années 2000.

Marc Piasecki / WireImage

Helena Noguerra (ici en 2022) a témoigné anonymement auprès de Mediapart avoir été agressée sexuellement par Patrick Bruel au début des années 2000.

Avec sept autres femmes, Helena Noguerra avait été parmi les premières à dénoncer le comportement de prédation de Patrick Bruel. Mais c’est de manière anonyme qu’elle avait témoigné auprès de Mediapart en mars puis en mai dernier. Or, ce mercredi 2 septembre, le récit de l’agression sexuelle qu’elle affirme avoir subi de la part du chanteur est en Une de Paris Match et RTL.

Au lendemain de l’annonce de l’annulation de la tournée anniversaire du chanteur, son nom est partout. Et on y trouve donc régulièrement accolé celui d’Helena Noguerra.

L’animatrice, comédienne et chanteuse belge de 57 ans a confié à Mediapart son sentiment d’avoir été « piégée » par les titres de presse qui ont choisi de diffuser son témoignage, et surtout son nom, sans son accord.

Helena Noguerra affirme avoir été très claire avec les journalistes qui l’ont contactée (et notamment Marc-Olivier Fogiel) et leur avoir dit ne pas vouloir « parler à la presse ». Malgré son refus, Paris Match et RTL ont publié son nom ainsi que des éléments très précis de l’agression sexuelle qu’elle avait dénoncée anonymement.

Une « fuite » de la justice

Un choix assumé par les deux rédactions, mais que regrette profondément l’artiste comme elle l’explique à Mediapart. « J’ai demandé à la justice de rester anonyme et elle m’a assuré que je le resterais. Je ne veux pas que des détails soient exposés. Je ne supporte pas. C’est un scandale que cela ait pu “fuiter”. »

Outre la colère et le dégoût qu’elle dit ressentir envers les titres de presse en question, Helena Noguerra déplore également ce qu’elle considère comme une faille de l’institution judiciaire « Encore une fois, elle a failli. La justice ne nous protège pas quand on ose parler, et elle ne nous protège pas non plus quand on ne veut pas être exposée » insiste-t-elle.

Jade Dousselin, son avocate, a abondé auprès de Mediapart. « En 2026, il semble inconcevable qu’une femme ne puisse pas témoigner devant la justice sans prendre le risque de voir, contre sa volonté, son identité et sa parole exposées. » L’avocate craint par ailleurs que cette « fuite » ne vienne « décourager celles qui hésitent encore à témoigner, dans cette procédure comme dans d’autres ».

Helena Noguerra, victime désanonymisée

Paris Match comme RTL ont dévoilé dans leurs articles des éléments spécifiques du témoignage qu’avait livré auprès du premier district de police judiciaire de Paris au début du mois de juin Helena Noguerra. Malgré la prescription des faits dénoncés, elle avait tenu à revenir auprès des policiers sur une agression sexuelle subie, d’après un précédent témoignage déjà donné en 2019, au début des années 2000 dans les loges d’une émission qu’elle présentait.

À l’époque, elle avait écrit une lettre anonyme (et donc non exploitable par la justice) pour ajouter son témoignage à celui des masseuses qui avaient accusé Patrick Bruel d’agression sexuelle. Elle expliquait à Mediapart que c’était « pour dire “Je l’ai vécu, je vous crois”, pour leur tendre la main ».

Toujours de manière anonyme, Helena Noguerra avait aussi témoigné auprès de Mediapart aux côtés de sept autres femmes. Puis elle avait écrit une tribune dans les colonnes du journal en ligne au printemps dernier, dans la foulée de la multiplication des témoignages et notamment celui de Flavie Flament. Elle disait admirer « le courage de celles qui parlent à visage découvert (...) Il faut beaucoup de force pour le faire et cette force je ne l’ai pas ».

Comme le rappelle Mediapart, lorsqu’il avait été interrogé sur les faits qui lui étaient reprochés par Cécile (prénom d’emprunt utilisé par Helena Noguerra dans l’enquête de Mediapart), Patrick Bruel avait nié les faits. Tout comme il rejette l’ensemble des accusations portées depuis plusieurs mois par une trentaine de femmes, et qui lui valent notamment d'être mis en examen dans quatre affaires.

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