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ZeroBytes, le groupe de pirates déjà derrière le piratage du fisc, affirme avoir dérobé environ 43 gigaoctets de données à l'Éducation nationale, portant sur des élèves et des personnels. Le ministère n'a pas confirmé cette revendication.
Juan Tendero-Tourné - Aujourd'hui à 01:08 | mis à jour aujourd'hui à 02:07 - Temps de lecture :
ZeroBytes affirme avoir compromis plusieurs systèmes informatiques de l'Éducation nationale et en avoir extrait environ 43 gigaoctets de données, réparties dans plus de 2 600 fichiers. Le groupe, qui a récemment revendiqué les intrusions visant la Direction générale des finances publiques (DGFiP), a publié cette revendication sur le réseau social X. À ce stade, ces éléments n'ont pas été authentifiés et le ministère de l'Éducation nationale n'a pas réagi publiquement.
Les hackeurs mettent en avant un total de 346 178 591 lignes. Il s'agit de lignes techniques brutes, non dédoublonnées, qui ne correspondent pas à 346 millions de personnes, comme le groupe le précise lui-même. En recoupant ses fichiers, il dit dénombrer environ 1,22 million d'élèves distincts et 4,35 millions de matricules de personnels. Ce dernier chiffre inclurait plusieurs décennies d'archives, d'anciens agents et de retraités, et ne correspond pas au nombre d'enseignants en poste, affirme notamment le média spécialisé FrenchBreaches.
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602 000 comptes potentiellement concernés
Côté élèves, le groupe revendique les bases scolaires de l'académie de Créteil, avec des données remontant à 2005 : identité, identifiant national élève (INE), date et lieu de naissance, adresses, responsables légaux, inscriptions, parcours scolaire, restauration, transport et garde périscolaire. Il évoque aussi des exports nationaux issus de SCONET pour 2025 et 2026, portant sur des collégiens et lycéens : coordonnées, scolarité, absences, notes, compétences, dossiers disciplinaires, orientation et suivi du décrochage. Il cite enfin des bases MGI et PELV2, utilisées pour le suivi des élèves en difficulté, qui contiendraient absences, convocations, entretiens et décisions des groupes de prévention du décrochage.
Côté personnels, la revendication porte sur les données I-Prof des 33 académies, qui concerneraient enseignants, AESH, ATSEM, agents administratifs, anciens personnels et retraités : identités, dates de naissance, adresses, courriels professionnels, matricules, contrats, qualifications, formations et historiques administratifs. ZeroBytes affirme également détenir deux annuaires LDAP complets, ceux de Créteil et de Versailles, soit environ 602 000 comptes, avec identifiants, adresses électroniques, fonctions, établissements de rattachement, statuts de comptes et empreintes de mots de passe (formats SHA/SSHA et Windows NT).
Le groupe affirme avoir obtenu un accès VPN aux systèmes visés, puis y être resté plusieurs semaines. Dans un message adressé à l'administration, il dit avoir « absorbé » les données quelques semaines plus tôt et lance : « vous m'aviez détecté, mais vous ne m'avez pas coupé. » Les données décrites comprennent des informations sur des mineurs, des dossiers scolaires et disciplinaires, des éléments sur des élèves en difficulté, des empreintes de mots de passe et, selon la revendication, des clés d'accès SSH. Si ces fichiers étaient authentifiés, ils exposeraient les personnes concernées à des risques d'hameçonnage ciblé et d'usurpation d'identité.
Quelques jours seulement après le scandale du fisc
Cette revendication intervient quelques jours après le piratage de la DGFiP. ZeroBytes, les pirates derrière le vol de données du fisc, ont affirmé à l'AFP avoir déjà revendu les données dérobées à « deux personnes » pour une somme chiffrée en milliers d'euros, tout en indiquant qu'elles restaient en vente. L'administration fiscale a confirmé deux intrusions, survenues fin juin et fin juillet, et le vol de données concernant au moins 678 000 particuliers et professionnels, ainsi qu'environ 200 000 comptes de ses fichiers cadastraux. Le parquet de Paris a ouvert une enquête, et le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni une cellule interministérielle de crise, demandant à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) un audit approfondi.
L'Éducation nationale a par ailleurs connu plusieurs incidents depuis le début de l'année. En mars, le piratage du portail RH Compas a exposé les données de 243 000 agents et stagiaires. À la mi-avril, une attaque visant un service rattaché à ÉduConnect a touché des élèves. Fin juillet, un troisième incident, lié au système de formation des personnels, a concerné les agents ayant exercé en académie depuis 2001 ; le ministère avait alors indiqué que ce système ne contenait « ni données bancaires, ni mots de passe, ni données relatives aux élèves ».


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