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L'écrivain franco-algérien, gracié en novembre dernier par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, après un an de prison, s'est expliqué ce mardi, dans une tribune au Monde, cinq jours après son départ de son éditeur historique pour Grasset.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 15:13 | mis à jour aujourd'hui à 15:27 - Temps de lecture :
« Antoine Gallimard a privilégié, pour me défendre, une démarche diplomatique que je comprends et respecte. Mais elle ne correspond pas à la ligne de résistance que j'ai fermement assumée face au régime violent et cruel d'Abdelmadjid Tebboune. » C'est par ces mots, écrits dans une tribune publiée chez nos confrères du Monde, que l'écrivain Boualem Sansal a justifié son départ de Gallimard pour Grasset.
L'annonce de ce transfert dans le monde de l'édition s'était faite vendredi, à l'occasion de la célébration à Paris du 200e anniversaire d'Hachette Livre, à laquelle appartient Grasset. Numéro un français de l'édition, Hachette Livre figure dans le portefeuille des sociétés du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
« Je suis libre de fait mais juridiquement condamné »
« La divergence qui explique aujourd'hui mon départ est née pendant ma détention en Algérie. Entre Gallimard et moi s'est interposée cette épreuve », poursuit le Franco-Algérien de 81 ans, défendant une « position de principe : pas de soumission, pas de négociation. Quitte à rester en prison ». « Face au régime qui m'a emprisonné, ma conviction était simple : dire les choses clairement, nommer la dictature et refuser toute logique de négociation qui aurait fait de moi une monnaie d'échange », ajoute-t-il. Selon lui, le fait d'avoir été gracié à la suite de démarches diplomatiques « est profondément insatisfaisant ». « Au lieu d'un acquittement clair qui aurait reconnu mon innocence, j'ai été gracié. Autrement dit, je suis libre de fait mais juridiquement condamné à cinq années de prison. »
« Dans le même temps, je me retrouve exilé de mon pays, privé de ma nationalité algérienne et empêché d'y retourner », estime Boualem Sansal. « Cette situation est pour moi moralement et juridiquement inacceptable. Elle entérine l'injustice dont j'ai été victime ». Pour ces raisons, l'écrivain a donc préféré quitter son éditeur historique.


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