2026 marque le 80e  anniversaire de Lucky Luke. Créé en 1946 par Morris, le cow-boy qui tire plus vite que son ombre va souffler ses bougies avec une série télé, qui débarque lundi 23 mars sur Disney +, et plusieurs albums de BD.

Thibault Liessi - Aujourd'hui à 08:00 - Temps de lecture :

Pour François Le Bescond, directeur éditorial chez Lucky Comics et Dargaud, Lucky Luke « est plus jeune que jamais ».  Photo illustration Sipa /Romuald Meigneux Pour François Le Bescond, directeur éditorial chez Lucky Comics et Dargaud, Lucky Luke « est plus jeune que jamais ».  Photo illustration Sipa /Romuald Meigneux

Le 10 octobre 1946, l’édition française du Journal de Spirou publie Arizona 1880 , la première aventure de Lucky Luke en bande dessinée. S’il a fallu attendre 1949 pour que Lucky Luke ait droit à un album complet, La Mine d’or de Dick Digger , le cow-boy créé par l’auteur de BD belge Morris souffle bien ses 80 bougies en 2026.

« Lucky Luke est l’une des rares séries de BD, avec Astérix, Tintin ou Blake et Mortimer qui continuent d’être populaires bien longtemps après leur lancement. C’est un héros dont les aventures peuvent être lues et relues, avec un niveau de lecture pour les enfants, pour les gags, et un autre pour les adultes, pour les références, avec la patte, sur certains albums, de René Goscinny. Luke touche toutes les générations », analyse François Le Bescond, directeur éditorial chez Lucky Comics et Dargaud, le label et la maison d’édition du cow-boy qui tire plus vite que son ombre.

Alban Lenoir tire plus vite que son ombre dans Lucky Luke. Photo Disney +

Alban Lenoir tire plus vite que son ombre dans Lucky Luke. Photo Disney +

Une popularité qui va au-delà de la francophonie : « C’est un héros populaire en Europe, notamment en Allemagne. Par contre, même en étant américain, Lucky Luke n’a jamais pu s’imposer aux États-Unis, malheureusement », souligne François Le Bescond.

Deux nouveaux albums cette année

Avec un peu moins de 400 millions d’albums vendus dans le monde, la série classique continue, même après le décès de Morris en 2001, avec Achdé aux dessins et plusieurs scénaristes, Jul ( Silex and the City ) étant le dernier en date, après Laurent Gerra ou Daniel Pennac. Depuis une dizaine d’années, des albums unitaires permettent aussi à des auteurs de rendre hommage à Lucky Luke en créant des aventures dans leurs propres styles.

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Pour son anniversaire, Lucky Luke va recevoir plusieurs cadeaux, en commençant par une série télé coproduite entre France Télévisions et Disney +, qui arrive sur cette plateforme lundi 23 mars (lire par ailleurs). L’occasion pour Dargaud de sortir L’Homme qui a vu l’homme qui filme l’homme qui tire plus vite que son ombre de Guillaume Bouzard, BD humoristique sur les coulisses du tournage du feuilleton.

Deux nouveaux albums arriveront aussi cette année. Prévu ce printemps, La longue marche de Lucky Luke sera le troisième hommage de Matthieu Bonhomme au cow-boy. Tandis que Jul et Achdé préparent un nouvel opus de la série classique : « Son scénario est basé sur un sujet à portée internationale, et il devrait sortir à l’automne, en même temps que la diffusion de la série télé sur France Télévisions », indique François Le Bescond. Une comédie musicale est enfin prévue à l’automne.

Même à 80 ans, Lucky Luke « est plus jeune que jamais », selon François Le Bescond : « Ses aventures sont immortelles, car c’est la force de la BD. »

Que vaut la série télé Lucky Luke  ?

Il est toujours compliqué d’adapter en série télé une bande dessinée faite d’histoires indépendantes. Les directeurs de la série Lucky Luke , Mathieu Leblanc et Thomas Mansuy, ont fait le choix d’une histoire originale, sur laquelle vont se greffer des intrigues d’albums (comme Les Daltons se rachètent ou Le juge ) et des personnages existants (les Daltons, donc, mais aussi Calamity Jane ou Billy the Kid).

Lucky Luke (l’enfant chéri de Dijon, Alban Lenoir) va se retrouver à aider Louise (Billie Blain), une jeune fille aussi attachante qu’imprévisible. Ensemble, ils se lancent dans une quête à travers l’Ouest sauvage pour retrouver la mère de Louise (Alice Taglioni), mystérieusement disparue, tout en déjouant un complot qui pourrait changer le cours de l’histoire des États-Unis. Une aventure où l’homme qui tire plus vite que son ombre devra affronter les fantômes de son passé.

Réalisée par Benjamin Rocher, Lucky Luke se retrouve un peu écartelé entre son envie de développer son histoire et sa comédie. Si, séparément, chaque élément fonctionne, il manque de liant pour que l’émulsion prenne. Autre paradoxe, le cow-boy solitaire se retrouve presque spectateur de sa série, quand bien même l’intrigue est intimement liée au personnage. De quoi laisser la part belle aux personnages secondaires, Joe Dalton (Jérôme Niel) en tête. Si la série Lucky Luke rate donc le mille, la cible est quand même atteinte

Série en huit épisodes de 30 minutes, disponible lundi 23 mars sur Disney +

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