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Une conseillère en voyage de Trois-Rivières a décidé de ne plus vendre de séjour à Cuba à ses clients en raison des nombreux désagréments vécus par des voyageurs.
Annie Toupin affirme avoir pris cette décision après que des voyageurs lui aient rapporté des problèmes avec leur vol.
Elle évoque aussi les difficultés liées à l'approvisionnement en nourriture et en produits de première nécessité, comme le papier de toilette.
La conseillère a pris cette décision l'an passé, soit avant la déclaration du président américain. Dimanche, Donald Trump a affirmé que Cuba était prête à tomber , évoquant ainsi la dépendance de l'île envers le Venezuela et son pétrole.
J'ai eu aussi d'autres clients qui sont revenus avec des plaintes qui ne pouvaient pas vraiment aboutir parce qu’ils ne pouvaient pas faire le correctif localement, affirme-t-elle.
Elle indique que de vendre des voyages avec cette destination était devenu intenable.
Pour mon éthique professionnelle à moi, je trouvais que ce n'était plus possible pour moi de bien conseiller mes clients, puis de répondre à leurs attentes, ajoute-t-elle.
Selon Statistiques Canada, le nombre de Canadiens qui ont voyagé à Cuba a diminué au premier et deuxième trimestre de 2025, respectivement de 44,4 % et 21,1 % par rapport à la même période en 2024.
Barbara Paquin, propriétaire de l'agence Charterama à Trois-Rivières, ne recommande plus les voyages à Cuba à sa clientèle sans pour autant arrêter d'en vendre.
Les clients qui veulent absolument s'y rendre seront toutefois bien informés des risques.Présentement, les clients qui rentrent à l'agence demandent : "est-ce que vous me suggérez d'aller à Cuba?" C'est sûr que je préfère ne pas leur vendre. On ne sait pas ce qui va arriver à long terme, explique-t-elle.
Elle craint notamment que des événements fassent en sorte que le voyage soit perturbé ou annulé. Mme Paquin spécifie aussi sur la facture qu'il s'agit d'un choix du client.
Abandonner Cuba ou pas?
Le professeur au département de marketing de l'ESG-UQAM, Marc-Antoine Vachon, qui est également titulaire de la Chaire de tourisme Transat, estime quant à lui que d’abandonner Cuba pourrait empirer la situation sur le terrain.
En évitant Cuba, on risque d'exacerber une crise, ce qu'on veut éviter. Alors c'est de faire partir une spirale dangereuse, c'est-à-dire qu'en n’y allant pas, on va diminuer les revenus et la population va encore plus souffrir, explique-t-il.
L'Association des agents de voyages du Québec n'a pas souhaité accorder d'entrevue. Son vice-président, Eric Boissonneault, nous a expliqué au téléphone que les agents de voyages ont la responsabilité de bien expliquer les enjeux liés aux destinations offertes.


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