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Environ 80 travailleurs se sont réunis devant les bureaux du ministère des Ressources naturelles et des Forêts à Baie-Comeau jeudi, pour dénoncer l’inaction gouvernementale face à la crise qui frappe l’industrie forestière.
Les manifestants réclament un meilleur plan de gestion de l'industrie forestière. Selon le représentant national du syndicat Unifor pour l'Est-du-Québec, Martin Dugas, 700 emplois du secteur ont été perdus au cours des derniers mois sur la Côte-Nord.
Cette mobilisation survient une semaine après l’annonce de la fermeture, pour une durée indéterminée, de la scierie Outardes à Baie-Comeau, touchant directement et indirectement près de 350 employés du secteur.
Pour Martin Dugas, cette fermeture est la goutte de trop pour la région. Bien que la crise forestière touche l'ensemble du Québec, la Côte-Nord fait face à des défis uniques. L'immensité du territoire oblige les usines de sciage à chercher le bois très loin en forêt, ce qui engendre des coûts d'exploitation plus élevés.
Pour lui, la manifestation d'aujourd'hui vise essentiellement à mettre la pression sur le ministère afin que les discussions débouchent sur des solutions concrètes.
Si le représentant syndical reconnaît l'impact de la guerre tarifaire avec les États-Unis, il déplore surtout le retard du Québec dans sa réflexion stratégique. Martin Dugas croit que le ministre des forêts, Jean-François Simard, a intérêt à agir rapidement pour préserver l'industrie forestière au Québec.
On va se retrouver avec un secteur forestier inexistant, dans une région forestière.

Le coordonnateur québécois du secteur de la foresterie pour Unifor, Martin Dugas, interpelle Québec afin de mettre en place des mesures concrètes pour relancer l'industrie. forestière.
Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin
Contacté par courriel, le ministère des Ressources naturelles et des Forêts assure que, dans ce contexte difficile, le gouvernement du Québec continuera de soutenir les entreprises et les communautés affectées par la crise forestière.
Des programmes d’aides financières sont disponibles pour appuyer les employés touchés par des fermetures et soutenir les activités des entreprises ainsi que leurs projets, précise le ministère.
Des centaines d’emplois menacés
Pour le propriétaire d’Aubill Transport, Martin Gagné, la situation est critique. Son entreprise, qui emploie 70 personnes, est responsable du transport du bois et de l'entretien du chemin principal pour la scierie.
Bien que ses équipes soient encore à l'œuvre pour sortir le bois restant en forêt, l’entrepreneur a une date fatidique en tête : le 21 mars. À partir de ce moment-là, on n'a plus de travail, les employés s'en vont au chômage, et si ça perdure, on s'en va vers la faillite , déplore-t-il.
Parmi les manifestants sur le terrain, l'urgence se fait sentir. L’opérateur de pelle hydraulique, André Arseneault, et l’opérateur de multifonctionnel, Maurice Simard, espèrent une reprise rapide des activités. Les temps sont durs aujourd'hui, le coût de la vie est quand même assez cher, témoigne M. Simard.
Au-delà des pertes financières immédiates, les travailleurs craignent des dommages irréparables pour l'industrie. Le risque que les employés qualifiés quittent la région ou le secteur pour trouver de l'emploi ailleurs est bien réel, selon eux.
Avec les informations de Lucas Sanniti


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