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France 19/10/2026 14:24 Actualisé le 19/10/2026 14:28
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé aux préfets de mettre en place plusieurs couvre-feux. Les rassemblements ont aussi été interdits à Marseille.

THIBAUD MORITZ / AFP
Un agent municipal nettoie une rue, au lendemain de débordements en marge de la manifestation pacifique contre la « vie chère », à Marseille, le 18 octobre 2026.
Après que des violences urbaines ont éclaté en marge de la mobilisation nationale contre la vie chère qui a notamment agrégé lycéens et gilets jaunes au cours du week-end, plusieurs mesures ont été prises ce lundi 19 octobre pour calmer les tensions. Et éviter de nouveaux débordements.
Dans la soirée de dimanche, Emmanuel Macron avait encouragé les préfets à prendre « des décisions » pour « protéger (les) villes », citant en exemple l’interdiction de manifester. « On a un bordel, pardon de ce mot, qui est très localisé sur les centres urbains », a décrit ce lundi Sébastien Lecornu. Pour y remédier, le Premier ministre a demandé aux préfets de mettre en place « un certain nombre de couvre-feux partiels dès ce soir ».
Le détail des mesures n’a pour le moment pas été communiqué. « Il n’est pas question de mettre tout Paris sous couvre-feu, ça n’a pas de sens », a déclaré le Premier ministre, avant de préciser qu’« une cartographie assez précise de ce que les préfets auront décidé » sera publiée dans le courant de l’après-midi ce lundi. Certaines interdictions ont déjà été prononcées localement.
Interdiction de manifester à Marseille
À Marseille, tout « rassemblement ou manifestation » a été interdit par la préfecture dès ce lundi midi et jusqu’à 20 heures. Durant le week-end, des vitres d’enseignes de la cité phocéenne ont été cassées et certaines boutiques ont été pillées, notamment Rolex ou Louis Vuitton, mais aussi Celio.
Le maire socialiste, Benoît Payan, a jugé que « les casseurs sont plutôt restés tranquilles » dans sa ville samedi, et mis en doute le chiffre spectaculaire de 30 000 pilleurs avancé par la préfecture de police des Bouches-du-Rhône.
Des interdictions de manifester pourraient aussi concerner d’autres grandes villes. Le préfet de Loire-Atlantique a indiqué à Ouest France ne pas exclure une interdiction de rassemblement, voire la mise en place d’un couvre-feu, à Nantes, où des boutiques ont aussi été saccagées.
Jusqu’à une semaine de couvre-feu
À une cinquantaine de kilomètres au sud de Lille, dans la commune de Denain, la maire socialiste Anne-Lise Dufour-Tonini a instauré un couvre-feu nocturne pour tous les habitants, mineurs comme majeurs, jusqu’au dimanche 25 octobre inclus. Jusqu’à la fin de la semaine, il est ainsi interdit de sortir de 21 heures à six heures du matin.
Des dérogations permettent toutefois d’autoriser certains déplacements pour des urgences médicales, des motifs familiaux impérieux, ou des situations professionnelles particulières, précise la Voix du Nord.
L’objectif de cet arrêté municipal est surtout de « permettre de concentrer la police sur les casseurs au lieu de les envoyer contrôler des gens qui sont là… pour voir », a précisé la maire dans un communiqué. Samedi, à Denain, des feux de poubelles ont été allumés, des vitrines ont été cassées et les policiers ont été « caillassés et visés par des tirs de mortiers d’artifice », a-t-elle ajouté.
Un couvre-feu a aussi été instauré dans deux communes en Guadeloupe, Pointe-à-Pitre et les Abymes, après des violences urbaines en marge du mouvement contre la vie chère, au cours desquelles trois policiers ont été blessés par balles.


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