Après l'élimination plus tôt dans la soirée de l'Olympique Lyonnais contre le Celta Vigo en Ligue Europa, Lille a connu le même sort contre Aston Villa. En Ligue Conférence, Strasbourg se qualifie en quarts de finale dans la douleur.
Trop lent au démarrage, trop tendre ensuite, Lille n'a pas réussi jeudi à écrire le bout d'histoire qu'il espérait chez Aston Villa, où une défaite 2-0 a mis fin à son rêve européen avant les quarts de finale de Ligue Europa.
Le revers 1-0 du huitième aller avait mis l'équipe de Bruno Genesio au pied du mur, mais elle n'a vraiment démarré son match qu'après la mi-temps et subi les buts tant redoutés en seconde période.
Unai Emery trop fort pour Lille
Le Losc subit de nouveau la loi d'Aston Villa, l'actuel quatrième de Premier League, comme en 2024 en Ligue Conférence en quarts de finale. Le gardien Emiliano Martinez, le plus grand des "Villans" il y a deux ans, auteur d'une séance de tirs au but fatale au club français, a récidivé avec un dégagement à l'origine de l'ouverture du score (54e).
Le deuxième but est venu du très riche banc des remplaçants avec Ollie Watkins à la passe et Leon Bailey à la finition (86e), ce qui a montré aussi l'écart existant entre les deux adversaires du soir.
Unai Emery dispose de munitions très affûtées et il a pour lui l'expérience des grandes soirées, lui le quadruple vainqueur de la Ligue Europa, avec Séville (2014, 2015 et 2016) et Villarreal (2021).
Bruno Genesio avait lui opté pour une formation résolument défensive au coup d'envoi, avec trois arrières centraux (Ngoy, Alexsandro et Mbemba) et deux éléments offensifs seulement (Correia et Giroud). L'idée semblait claire: ne pas prendre de but, d'abord.
McGinn présent, André absent
La copie rendue à la mi-temps était proche du néant pour des Dogues sans mordant, ni grande ambition, incapables de la moindre projection vers l'avant. Seul Ayyoub Bouaddi a fait passer un frisson sur Villa Park et au-dessus d'Emiliano Martinez, avec une tête non cadrée (21e). De l'autre côté, Alexsandro a dû s'employer devant Jadon Sancho (18e, 34e), Chancel Mbemba a dégagé un centre de John McGinn (19e) et Berke Ozer est sorti de sa cage pour capter un chaud ballon (22e).
Le gardien turc a sauvé les siens sur une belle envolée verticale pour sortir une tête d'Amadou Onana sur corner (42e), mais il s'est retrouvé démuni, sans défense, sur l'ouverture du score de John McGinn (54e, 1-0). Le but est parti de l'ennemi intime des supporters lillois, Emi Martinez, qui a capté un coup franc et relancer aussi rapidement que superbement en direction de Sancho, lequel s'est joué de Felix Correia avant de servir son capitaine, buteur de sang froid du pied gauche.
L'importance de "Super John McGinn", arrivé en 2018 quand le club était en Championship (2e div.), a rappelé cruellement l'absence de son miroir au Losc, Benjamin André, forfait sur blessure. Porteur du brassard, Olivier Giroud a touché plus de ballons lors de la seconde période, bien plus animée, et il en a même envoyé un dans les filets, sur une belle volée du gauche, mais il était hors jeu (61e).
L'ex-N.9 des Bleus, à 39 ans, a peut-être disputé son dernier match en coupe d'Europe. "J'aurais aimé qu'on marque sur un de nos temps forts. Ça me fait ch... de prendre un but sur le dégagement de leur gardien", a commenté l'attaquant sur Canal+. "Je pense qu'on a tout donné. Maintenant, j'aurais aimé qu'on marque pour les faire douter. (...) C'est frustrant mais on peut être fiers de nous".
Strasbourg poursuit son aventure européenne
Malmené par Rijeka, Strasbourg a fini par éliminer le club croate (1-1) jeudi soir au stade de la Meinau, grâce à son avantage acquis au match aller (2-1), pour se qualifier en quarts de finale de la Ligue Conférence.
Les Strasbourgeois affronteront Mayence en avril lors d'un quasi-derby, la ville allemande étant située à environ 160 kilomètres. Contrairement à sa victoire en Croatie, où il avait ouvert le score au bout d'une minute et douze secondes, le club alsacien a eu toutes les peines du monde à marquer.
Pire, il s'est retrouvé mené par Rijeka, quand Toni Fruk a remis les compteurs à zéro dès la 21e minute, bien trouvé par Amer Gojak. Le match a alors pris une tournure inattendue et inquiétante pour les joueurs de Gary O'Neil, premiers de la phase de ligue et toujours invaincus dans la compétition, mais terriblement maladroits.
Le Racing a obtenu nombre d'occasions, souvent venues de ses ailes, avec le très actif Abdoul Ouattara, bien aidé par Martial Godo, à gauche, et l'insaisissable Gessime Yassine à droite. Récemment appelé pour la première fois avec la sélection marocaine, l'ailier a obligé le gardien Martin Zlomislic à plusieurs arrêts déterminants (32e, 42e), quand ce n'était pas Julio Enciso qui tentait sa chance (24e, 34e).
Les frappes strasbourgeoises ont continué à manquer de précision en deuxième période (64e, 66e) jusqu'à ce que Sebastian Nanasi, entré en jeu à la 62e minute, ait l'intelligence et la justesse technique d'attendre le déplacement de Valentin Barco dans la surface pour trouver l'infatigable milieu de terrain argentin, auteur de l'égalisation de près (71e).
Strasbourg a alors tenu bon, inquiété jusque dans les derniers instants de la rencontre par le club croate, tout proche d'un nouveau but après un corner (90e+3). Le Racing poursuit sa saison ambivalente: à la fois brillante sur la scène européenne et décevante sur la scène nationale, où il n'est que huitième (37 points), six unités derrière Rennes (septième), et n'a obtenu qu'un succès pour quatre matches nuls lors de ses cinq dernières rencontres.
Ce huitième de finale n'aura pas permis à Gary O'Neil de trouver de nouveaux joueurs capables de prendre le relais d'un onze titulaire qui s'essouffle à force de jouer sur trois tableaux (avec la Coupe de France), si ce n'est peut-être Sebastian Nanasi. Mais il aura en tout cas permis à Strasbourg de continuer à croire à un titre cette saison.


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