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Coupe du monde : les billets toujours hors de prix à Toronto

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Sur la place Nathan Phillips, au centre-ville de Toronto, Christian Wells enchaîne les passes avec ses amis sur un terrain de soccer temporaire. Dans quelques jours, la ville accueillera ses premiers matchs de la Coupe du monde de la FIFA. Lui, pourtant, ne sera pas au stade.

 Ça fait un an que je cherche, je n’ai pas pu en acheter, indique le jeune homme de 22 ans, qui prévoit de regarder les matchs à la maison ou dans un bar.

Pour lui, le constat est amer.

 Le football est censé être le sport du peuple. Il est censé être accessible à tous. Je pense que les prix pour cette Coupe du monde sont franchement ridicules.

Plusieurs Torontois rencontrés au centre-ville disent avoir renoncé à assister à un match en personne, faute de billets abordables.

Pour le match inaugural à Toronto, entre le Canada et la Bosnie-Herzégovine ce vendredi, les places encore en vente se chiffraient récemment à 1370 $ dans les sections les plus éloignées, et à plus de 3100 $ pour les meilleurs sièges disponibles. Des montants qui, pour bien des résidents, dépassent largement le prix d’un mois de loyer.

 Quand on voit ce qui s’est passé au Qatar, ou avant au Brésil et lors d’autres coupes du monde, la différence de prix pour la même prestation est tout simplement trop grande, affirme Michael Green, un autre résident rencontré sur la place.  C’est insensé qu’il reste des billets.

Des jeunes jouent au soccer sur un terrain de foot, place Nathan Phillips, à Toronto.

Pour ceux qui ne sont pas parvenus à acheter des billets, les matchs seront diffusés en direct sur la place Nathan Phillips, à Toronto.

Photo : Radio-Canada / Elena Meyer

Quelque 300 000 touristes sont attendus à Toronto pendant la Coupe du monde. Les hôtels, les restaurants et les commerces espèrent profiter de leur passage. Mais pour plusieurs résidents, l’événement semble surtout conçu pour ceux qui peuvent payer.

Des partisans laissés à la porte

Audley Coley vient d’arriver en ville et assistera au premier match. Il y a été invité. Sans cette invitation, il affirme qu’il n’aurait jamais pu se le permettre.

 C’est agréable d’être ici, mais en même temps, c’est hors de portée du portefeuille de beaucoup de gens, reconnait-il.  C’est formidable pour la ville, je suis sûr qu’elle va faire d’énormes profits avec les hôtels, la nourriture et le reste. Mais l’habitant moyen de Toronto ou de l’Ontario n’en profitera pas, et je me sens mal pour eux.

Jean-Patrick Balleux parle à la caméra.

1:15

Jean-Patrick Balleux discute du prix des billets pour la prochaine Coupe du monde de soccer.

Photo : Radio-Canada

Ce scepticisme ressort aussi dans un nouveau sondage de l’Institut Angus Reid (nouvelle fenêtre). Dans la région du Grand Toronto, 70 % des répondants estiment que les coûts publics liés à l’accueil de la Coupe du monde ne valent pas les retombées promises.

Selon le même sondage, 59 % des répondants se disent peu ou pas intéressés à regarder les matchs, que ce soit en personne, à la télévision ou en ligne, et seulement 20 % qui y voient un bon investissement.

Méthodologie

Le sondage a été mené en ligne du 7 au 11 mai 2026 auprès d’un échantillon aléatoire de 1803 adultes canadiens membres du Forum Angus Reid. Les résultats présentés ici portent sur les résidents des deux régions hôtes : le Grand Toronto (n = 515) et le Grand Vancouver (n = 505). Les sous-échantillons des régions hôtes ont une marge d’erreur d’environ ± 4 points de pourcentage. L’échantillon a été pondéré afin d’être représentatif de la population adulte selon la région, le sexe, l’âge, le revenu du ménage et le niveau de scolarité, conformément aux données du recensement. Les écarts dans les totaux ou entre eux sont attribuables à l’arrondi. Le sondage a été autofinancé par l’Institut Angus Reid.

Attendre la dernière minute

Devant les prix élevés, certains partisans attendent le dernier moment, en espérant une baisse sur les plateformes de revente. Selon Sylvain Sénécal, professeur au département de marketing de HEC Montréal, cette tendance s’explique en partie par les habitudes prises pendant la pandémie.

 Les gens se sont habitués à prendre des décisions à la dernière minute parce que l’environnement était changeant, explique-t-il à l’émission Y a pas deux matins pareils.

Les plateformes de vente et de revente encouragent aussi ces comportements, ajoute-t-il.  Juste avant un événement, ou au début d’un événement, il y a un phénomène de liquidation de billets qu’on peut voir.

Pour les amateurs prêts à prendre ce risque, l’attente peut parfois permettre de trouver une meilleure offre. Pour d’autres, la décision est déjà prise. La Coupe du monde se vivra loin des gradins, mais pas loin du ballon.

Avec les informations Y a pas deux matins pareil

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