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Comme en 2018 et 2022, l’Italie a raté le train de la qualification pour le Mondial. Un nouveau raté qui fait du bruit. En Italie et ailleurs.
«Tout le monde à la maison» accrochent en Une la Gazzetta dello sport et le Corriere dello sport pour accompagner les regards perdus de Gianluca Mancini, Marco Palestra et Cie après une défaite historique. Quadruple lauréate (1934, 1938, 1982, 2006 ; finaliste en 1970 et 1994), l’Italie, après avoir raté les Coupes du monde 2018 et 2022, a été éliminée du Mondial 2026 en finale des barrages, dans le petit stade (9.000 spectateurs) en fusion de Zenica, par la Bosnie-Herzégovine (1-1, 1-4 t.a.b.).
La presse italienne sous le choc
«Un cauchemar sans fin. Malédiction», écrit Fabio Licari dans la Gazzetta. Andrea Ramazzotti ajoute : «Comme dans le pire des cauchemars. Nous caressions l’espoir d’un retour en Coupe du monde et nous l’avons vu nous échapper aux tirs au but. Principalement à cause de l’expulsion de Bastoni en fin de première mi-temps, de nos propres erreurs et de quelques décisions de Turpin qui feront débat. L’été prochain, c’est la Bosnie qui partira outre-Atlantique. Pour la troisième édition consécutive, nous serons spectateurs devant la télévision. On ne peut pas parler d’Apocalypse, mais, étant donné que nous sommes absents de la plus grande compétition depuis 2014, l’Apocalypse… continue pour notre football».
«Aucune excuse», tranche Ivan Zazzaroni, le directeur du Corriere dello Sport : «Notre échec n’est malheureusement pas seulement un fiasco, le troisième d’affilée : c’est l’effondrement total d’un système. Il apparaît comme un échec conjoncturel, mais il s’agit en réalité d’une crise structurelle. Ce résultat négatif n’est pas dû à l’erreur d’un individu, à un but manqué, à un carton rouge non donné ou à la malchance (un fiasco passager). Il indique que les fondements, les règles, les procédures ou la mentalité à la base du projet sont erronés. Ce n’est pas un seul élément qui n’a pas fonctionné, mais l’ensemble du mécanisme qui le soutient. Les responsabilités sont claires. Les causes aussi, imputables à des décisions, des négligences ou des actions spécifiques de personnes identifiées ayant des responsabilités personnelles et en matière de politique sportive. L’échec est un problème organisationnel, social ou idéologique plus large». Et d’ajouter : «Le passé ne revient pas, mais l’histoire nous regarde de près. Il fut un temps où nous battions Zico, Socrates, Junior, Passarella, Maradona, Rummenigge, Stielike ; aujourd’hui, nous avons du mal face à un quadragénaire qui a beaucoup de kilomètres dans les jambes et à un groupe de joueurs pleins de bonne volonté. À Zenica, nous n’avons même pas joué à onze contre onze. L’expulsion de Bastoni, malheureusement justifiée, a encore aggravé la situation, nous condamnant à environ quatre-vingts minutes de pure folie. La souffrance habituelle, intolérable. Un sentiment qui nous est désormais familier».
«Catastrophe italienne», plante Tuttosport, avant d’insister : «Encore un échec. Un échec total. Encore une amère déception : l’Italie s’incline aux tirs au but à Zenica face à la Bosnie-Herzégovine et, pour la troisième fois, dit adieu à la Coupe du monde. L’Italie éliminée de la Coupe du monde, troisième catastrophe : après le choc, on repart avec les jeunes».
Les médias européens désabusés et compatissants
«Disastro, delusione, orrore... Mamma mia, encore un Mondial de raté pour l’Italie. Réduite à dix, la Squadra a craqué lors de la séance de tirs au but et manquera sa troisième Coupe du monde de suite…», retient La Dernière Heure, en Belgique.
En Espagne, Marca s’attarde sur «le plus grand drame du football mondial». «On dit souvent qu’«il n’y a pas deux sans trois»… et cela s’est vérifié pour l’Italie. La «Azzurra» a succombé à l’enfer de Zenica et ne participera pas à la Coupe du monde pour la troisième fois consécutive. Une situation impensable autrefois, mais qui est aujourd’hui devenue monnaie courante : une Coupe du monde sans la «Nazionale». La Bosnie-Herzégovine, quant à elle, sera de la partie après avoir remonté le score en profitant du carton rouge de Bastoni à la 41e minute et s’être qualifiée, pour la deuxième fois de son histoire, aux tirs au but». AS souligne : «L’Italie est plongée dans les larmes et le désespoir, absente du tournoi pour la troisième fois consécutive, douze ans après sa dernière participation».
Mundo deportivo note : «L’Italie rate une nouvelle fois la Coupe du monde ! L’Italie, l’une des meilleures équipes du monde, rate une nouvelle fois la Coupe du monde. Pour la troisième fois consécutive. Les hommes de Gattuso ont pris l’avantage grâce à un but de Kean, mais ils ont payé cher le carton rouge direct reçu par Bastoni avant la mi-temps. Tabakovic a égalisé en deuxième mi-temps et, au final, la Bosnie s’est montrée bien meilleure aux tirs au but. Quel drame pour l’Italie».
En Angleterre, la BBC résume : «une soirée désastreuse pour le football italien, les quadruples vainqueurs ayant échoué une nouvelle fois». De son côté, Sky sport assure : «Réduite à dix, l’Italie a manqué sa troisième Coupe du monde consécutive après avoir perdu son match de barrage aux tirs au but contre la Bosnie-Herzégovine. Après avoir échoué à se qualifier pour Russie 2018 et Qatar 2022, l’Italie est la première ancienne championne du monde à manquer trois Coupes du monde d’affilée».
En France, L’Équipe titre «une chute sans fin ». Et rappelle : «Après «l’apocalypse» de novembre 2017, quand elle n’avait jamais trouvé la faille en deux matches contre la Suède, après le «tremblement de terre» de mars 2022, quand la petite Macédoine du Nord était venue s’imposer à Palerme à la surprise générale, il faudra trouver autre chose mais le dictionnaire va finir par manquer d’imagination, devant ce terrible tunnel dans lequel est plongée la Nazionale, un gouffre si sombre que plus personne ne voit briller les quatre étoiles qu’elle affiche sur le maillot. La dernière fois que l’Italie a participé à une Coupe du monde, c’était en 2014, et la dernière fois qu’elle y a joué un match à élimination directe, c’était en finale, en 2006 : depuis, elle a creusé encore, encore et encore, et il faudra avoir des idées, maintenant, et pas mal de volonté, surtout, pour remonter la pente».


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