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Coupe du monde 2026 : Edin Dzeko, le plus Italien des Bosniens qui veut jouer un mauvais tour à la Nazionale

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L’attaquant de 40 ans, meilleur footballeur bosnien de l’histoire, vivra un match couperet ce mardi (20h45) face à son pays d’adoption. L’Italie, elle, n’imagine pas rater un troisième Mondial d’affilée.

C’est un visage familier auquel sera confrontée la défense italienne à Zenica, à 50 kilomètres au nord de Sarajevo. Et pour cause : les trois titulaires annoncés (GIanluca Mancini, Alessandro Bastoni et Riccardo Calafiori) ont été coéquipiers d’Edin Dzeko. Les barrages de la Coupe du monde 2026 s’achèvent ce mardi et l’Italie, qui a échoué à se qualifier pour les éditions 2018 et 2022, ne mettra pas un terme à ce cauchemar sans franchir un ultime obstacle, incarné par le meilleur joueur bosnien de l’histoire.

Recordman de sélections (146) et de buts (72, soit 44 de plus que son dauphin, Vedad Ibisevic), Dzeko a repoussé les limites de ce qu’était un footballeur représentant la Bosnie-Herzégovine. Lui est né en 1986 dans la capitale, Sarajevo, encore yougoslave à l’époque. «J’avais six ans quand la guerre a commencé», se souvenait-il pour le site de l’Inter Milan en 2022.

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Guerre à Sarajevo et souvenirs de football en Lombardie

«C’était une période difficile, mais c’est aussi celle où mon père m’a fait découvrir le football. Le ballon était mon premier amour», se remémorait celui qui aurait pu ne jamais illuminer le monde du sport dans son pays : «Un jour, ma mère m’a sauvé la vie. Elle ne m’a pas laissé sortir pour aller jouer au foot avec mes copains. Quelques minutes plus tard, une bombe a explosé là où on jouait et a tué mes amis. Je n’ai pas eu d’enfance à cause de la guerre , mais ça m’a rendu plus fort.»

À VOIR AUSSI - Les meilleurs buts d’Edin Dzeko lors de sa dernière saison à l’Inter Milan (2022-23)

Comme un signe du destin, l’un de ses souvenirs d’enfance footballistiques s’est écrit en Italie, lors de la victoire de l’Inter Milan en Coupe de l’UEFA, en 1998. «J’étais à Cantu (Lombardie) pour un tournoi. J’avais 12 ans et j’étais avec des Italiens, des supporters de l’Inter qui regardaient la finale», rembobinait-il. Révélé à Wolfsburg (Allemagne) puis Manchester City (Angleterre), Dzeko a fait décoller sa carrière en posant ses valises à Rome, en 2015.

Accueilli par des milliers de supporters à l’aéroport, celui qui se rêvait milieu de terrain plus jeune, mais repositionné avant-centre car jugé trop limité techniquement, est tombé amoureux de la ville éternelle. Non sans souligner ses défauts avec humour : «C’est beau, mais il y avait moins de nids-de-poule dans les rues de Sarajevo pendant la guerre.»

C’est un grand joueur et une belle personne.

Federico Dimarco, international italien et ancien coéquipier d’Edin Dzeko à l’Inter Milan

En l’espace de six ans, Dzeko a inscrit 119 buts, le troisième plus haut total dans l’histoire de l’AS Rome. Épanouis en Italie, il a poursuivi sa carrière à l’Inter où, en plus de faire trembler les filets (31 buts en 101 matches), il y a garni son palmarès (deux Coupes et deux Supercoupes d’Italie). «C’est un grand joueur et une belle personne, a complimenté son ancien partenaire Federico Dimarco. Je l’ai revu en vacances l’été dernier, j’ai toujours une bonne relation avec lui.»

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Il faudra mettre les sentiments de côté à Zenica. L’Italie, quatre étoiles sur son maillot, ne peut supporter l’idée de rater une troisième Coupe du monde d’affilée. Elle avait déjà échoué en barrages en 2018, contre la Suède, puis en 2022, contre la Macédoine du Nord. «On s’attend à une atmosphère difficile», a prévenu Dimarco. Et à un Dzeko surmotivé.

À 40 ans, après six derniers mois quasi anonymes en Serie A (zéro buts en 11 matches de championnat avec la Fiorentina), l’actuel attaquant de Schalke 04, en Allemagne, aborde l’ultime défi de sa carrière. La Bosnie n’a joué qu’une seule Coupe du monde, en 2014. Dzeko y avait été buteur. Il l’a aussi été jeudi dernier contre le pays de Galles, dans les dernières minutes (86e), pour égaliser (1-1) avant une victoire aux tirs au but (4-2). Usé, mais pas encore cassé. La Nazionale le sait mieux que quiconque.

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