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Trois jours après l’annonce d’Emmanuel Macron d’augmenter le nombre de têtes nucléaires détenues par la France, Catherine Vautrin, ministre des Armées, s’est rendue ce jeudi sur le site stratégique de Valduc, en Côte-d’Or, où sont fabriqués les éléments nucléaires des têtes. Elle a réaffirmé l’importance de la dissuasion nucléaire française, alors que le site nucléaire s’apprête à augmenter son activité.
À Salives (Côte-d’Or), Vannick Berton - Hier à 20:50 - Temps de lecture :
Une part importante de la dissuasion nucléaire de la France se joue dans un coin isolé de Côte-d’Or, à Salives. Le site ultra-sécurisé du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) de Valduc, grand de 800 hectares, a l’habitude de rester discret et n’ouvre que très rarement ses portes à la presse. Mais ce jeudi matin, le site stratégique, où sont fabriqués les éléments en plutonium, uranium et tritium des têtes nucléaires de l’armée française, a fait une exception, à l’occasion de la visite de Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants.
« Venir ici, c’est venir au cœur d’un dispositif éminemment scientifique, technologique, industriel, absolument nécessaire pour notre pays », a rappelé Catherine Vautrin, pour justifier sa visite après le discours d’Emmanuel Macron, lundi dans le Finistère, annonçant sa volonté d’augmenter l’arsenal nucléaire de la France. Guidée par le directeur du CEA, Hervé Chollet , et le directeur des applications militaires (DAM), Jérôme Demoment, elle a notamment visité l’installation franco-britannique EPURE, « unique au monde ».
Jérôme Demoment, directeur des applications militaires, Hervé Chollet, directeur du CEA de Valduc, et Anne-Isabelle Etienvre, administratrice générale du CEA, entourent la ministre Catherine Vautrin, lors de sa visite du site nucléaire. Photo EBRA/Le Bien Public/Vannick Berton
Dans cet impressionnant bâtiment, les professionnels réalisent des expériences hydrodynamiques qui permettent de garantir la fiabilité et la sûreté des armes nucléaires. Nous suivons la ministre dans les longs couloirs où le danger peut être partout. Ici, on simule des explosions de têtes nucléaires « à l’échelle réduite », en utilisant des moyens de radiographie éclair. « Depuis la fin des essais nucléaires, il y a 30 ans, le gouvernement a lancé un programme de simulation, ce qui nous permet de comparer et d’améliorer nos armes », précise Jérôme Demoment.
Dans le hall de préparation, on découvre la cuve de confinement dans laquelle la matière nucléaire est déposée. « La cuve est totalement étanche et doit supporter la petite explosion », explique Hervé Chollet. Dans le hall d’assemblage et d’intégration, Catherine Vautrin remarque la phrase en rouge “Tout ce qui n’est pas prescrit est interdit”. « On voit bien la nécessité de respecter le protocole de A à Z », réagit-elle. « Ici, on n’improvise pas », confirme le directeur du CEA. « 60 % du temps on fait des vérifications de contrôle, et le reste c’est l’opérationnel. »
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« Huit semaines de préparation pour une seconde d’expérience »
Tout le matériel est fabriqué par des entreprises françaises. « On est dans la totale souveraineté », assure Hervé Chollet en se dirigeant vers le hall d’expérience, où la cuve doit être parfaitement positionnée entre trois axes. La France possède un troisième axe depuis peu et a réalisé cette « première mondiale », en décembre 2025. « Les Américains n’ont que deux axes », souligne Jérôme Demoment. Ces axes, qui ressemblent à d’énormes bras, génèrent de puissants rayons X « en un milliardième de seconde ». « Le but est d’obtenir des images très précises de l’implosion », explique Hervé Chollet. « Une simulation représente huit semaines de préparation pour une seconde d’expérience, que l’on va ensuite exploiter. C’est donc une seconde précieuse. »
Une fois la visite terminée et que chacun est sorti « propre » du détecteur de radiation, la ministre est allée à la rencontre des salariés, qu’elle souhaite motiver davantage à la suite de la commande du président. « Alors que la planète traverse des bouleversements sans précédent, vous savez mieux que quiconque le rôle clé qui est le vôtre pour protéger la paix », lance-t-elle. « Votre travail est au fondement même de la crédibilité de la dissuasion française. Dans un monde imprévisible, notre dissuasion demeure l’ultime garantie de notre liberté. » La ministre assure qu’au CEA de Valduc, « nous avons les moyens d’augmenter la fabrication des têtes nucléaires, car nous avons la matière première ». Et appuie sa détermination.


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