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Contre les préjugés, la patience de Mansour Seik

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Il est important de reconnaître qu’il reste du chemin à parcourir pour garantir une pleine intégration des personnes noires au Québec. Cette réalité ne concerne pas uniquement les personnes immigrantes, mais touche la question de la couleur de peau. Celle-ci demeure un obstacle pour certaines personnes au Québec.

C’est du moins la réalité que j’ai redécouverte aujourd’hui, lors d’un échange avec Mansour Seik, d’origine sénégalaise.

Arrivé à Trois-Rivières en 2023 pour ses études, il a réalisé un rêve de longue date en s’installant au Québec. Nous aurions eu tort de nous priver de cet homme d’une incroyable sagesse, âgé de 27 ans.

Depuis, on pourrait dire qu’il s’est donné une sorte de mission : accompagner les personnes à s’ouvrir à la différence.

Même quand c’est désagréable, même quand ça heurte. À chaque fois qu’il prend un coup, Mansour ne se décourage pas, au contraire, il a la grandeur de se dire que les gens peuvent changer, peuvent apprendre.

Et ce changement se fait une personne à la fois. Ça a commencé dès son arrivée au Québec, avec l’un de ses collègues, dans son premier emploi étudiant.

 Je me rappelle, j’ai essayé de parler avec lui calmement et lui dit que je suis une personne comme lui. Il n’y a pas de différence. La seule différence, c’est qu'il est blanc, et, moi, je suis noir. Mais à part ça, on n’a aucune différence , se rappelle-t-il.

Il explique ne pas avoir ressenti de haine envers cette personne. C’est quelqu’un qui n’a jamais eu d’amis issus de l’extérieur et qui n’a jamais eu d’amis noirs. Donc des gens qui n’ont pas d’expérience avec les étrangers, ça peut parfois les gêner. Mais avec la communication, avec les relations, avec le temps, ils vont finir par comprendre et ceci peut changer.

Comment persuader l'autre de cultiver l'ouverture?

Grâce à la patience de Mansour, ils ont réussi à s’entendre, sans que la confrontation soit nécessaire. C’est tout dire, aujourd’hui, ils sont amis !

Parce que… Ce fameux collègue a fini par comprendre que l’ouverture, c’est quelque chose qui se cultive. Il a fini par s’excuser auprès de Mansour, mais il a surtout réussi à se remettre en question, chercher pourquoi il avait eu ces préjugés à l’égard, à la fois d’un pays d’Afrique, mais aussi d’un statut d’étranger et d’une couleur de peau. 

Souvent, l’apprentissage prend racine dans l’enseignement de nos parents. C’est pourquoi Mansour a souhaité rencontrer le père de son nouvel ami.

Je suis allé à sa maison et j’ai rencontré son père, je l’ai salué, je me suis présenté calmement et on a passé deux heures ensemble à parler, à discuter et à faire connaissance. J’ai expliqué mon parcours et ce que je fais [au Québec]. Ça a vraiment été quelque chose qui a changé [la situation], se remémore-t-il.

Aujourd’hui Mansour continue de s’impliquer pour faire changer le regard. Il a notamment rejoint le comité jeunesse de la Ville de Trois-Rivières. Selon lui, c’est une façon de contribuer à des activités, des rassemblements et des décisions municipales qui visent à insuffler de l’espoir aux jeunes.

Et le mois de l’Histoire des Noirs aussi, c’est une belle occasion pour ça. Pour lui,  le mois de l’histoire des Noirs, ce n’est pas seulement regarder le passé, mais construire l’avenir .

C’est important de se sentir concerné, en Mauricie, parce que ça permet aux jeunes qui sont issus de la diversité, d’être entendus et de voir aussi des modèles qui leur ressemblent.

Devenir un porte-étendard de l'intégration

Clairement, Mansour veut continuer de paver la voie : il veut être un modèle.

Il veut montrer le courage qu’il faut pour s’intégrer et il veut montrer l’exemple de communication pour bâtir des ponts entre les cultures.

On peut donner de l’espoir aux jeunes qui peut-être ont perdu. Je me suis dit que, d’un coup, je vais essayer d’inspirer ou bien donner de l’exemple aux jeunes qui viennent de l’extérieur ou bien des jeunes qui sont ici en Mauricie, explique-t-il.

 La couleur de la peau ou bien la personne, d'où il est issu, ce n’est pas important. 

Cela dit, il a conscience que l’intégration ne se fait pas que dans un sens. Il faut aussi que les personnes qui ont peur de la différence, qui ont des a priori sur une culture, une nationalité, un accent, trouvent aussi les ressources en elle pour aller vers l’autre.

C’est le message qu’on doit retenir du courage de Mansour Seik. Il faut juste demander quand on ne comprend pas.

Le Québec, un rêve

Le Québec a toujours été un rêve d’enfant pour lui. Depuis l’âge de cinq ou six ans, il n’a cessé de répéter à sa famille qu’il viendrait y vivre un jour. Cette détermination lui a été précieuse, car son parcours a été semé d’embûches.

Les démarches administratives se sont avérées longues et complexes, et il a même été victime d’escroqueries par de fausses agences d’immigration au Sénégal, qui lui ont vendu de faux permis d’études.

Malgré ces obstacles, il n’a jamais baissé les bras, mû par le désir de découvrir le Québec, sa culture, ses paysages et son mode de vie. Son engagement est profond : il souhaite sincèrement s’impliquer pour contribuer à l’amélioration de son pays d’adoption.

Il est actuellement en attente de sa résidence permanente et espère obtenir la citoyenneté canadienne d’ici quelques années.

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