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Contournement Est de Rouen : le projet bientôt enfin enterré ?

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De nouveaux éléments viennent conforter les opposants à l’A133-A134 autrement appelée Contournement Est de Rouen. Le Conseil d’orientation des infrastructures vient de rendre un rapport défavorable à la création de ce projet et la région se désolidarise de son soutien. Retour sur le projet. Le collectif « Non à l’A133-A134 », regroupant des collectifs de […]

De nouveaux éléments viennent conforter les opposants à l’A133-A134 autrement appelée Contournement Est de Rouen. Le Conseil d’orientation des infrastructures vient de rendre un rapport défavorable à la création de ce projet et la région se désolidarise de son soutien. Retour sur le projet. Le collectif « Non à l’A133-A134 », regroupant des collectifs de citoyens, associations écologistes, partis politiques ou encore des syndicats, se réjouit de cette annonce. En avril 2026, le COI (Conseil d’Orientation des Infrastructures) a publié un rapport, notamment sur le projet de construction de l’autoroute A133-A134. Cette autoroute de 41 kilomètres vise à relier l’A13 et l’A28 par l’Est de la métropole normande.

Ces deux autoroutes sont les maillons manquants afin de créer le contournement Ouest de Paris, avec l’A154 visant à relier Chartres et l’Eure et l’A10. Cependant, le rapport du COI pointe le fait que jusqu’ici, les modèles financiers n’avaient pas encore été totalement estimés, notamment sur les concessions au privé. Le COI considère alors une « impossibilité de le conduire en l’état ». La métropole de Rouen Normandie avait affirmé dès 2021 sa désapprobation pour ce projet autoroutier.

La Région Normandie vient d’affirmer ce 4 mai, par la voie de son président, qu’elle retirait tout financement à sa construction : « Le gouvernement l’a de toute façon quasi-enterré, on attend simplement qu’il prenne ses responsabilités et qu’il nous le dise, c’est tout », affirme Hervé Morin, président de la Région Normandie. Au niveau de son antenne locale, le RN se présente comme grand défenseur de ce projet antisocial (notamment par le candidat aux élections municipales de Rouen, Grégoire Houdan). Les différents partis composants la majorité présidentielle restent flous, montrant à quel point en réalité ils soutiennent le projet autoroutier. Les partis de gauche et d’extrême gauche apportent eux leur soutien au collectif d’opposants à ce projet. Notre article.

imageMathilde Panot et Alma Dufour venues en soutien au festival « Des bâtons dans les routes »,  contre le Contournement Est de Rouen

Un projet écocide et anti-social

Le collectif « Non à l’A133-A134 » met en avant depuis plusieurs années les ravages d’un tel projet. Ce dernier est avant tout vieux, car imaginé dans les années 1970. Ainsi, comme pour de nombreux projets, l’utilité de cette autoroute est extrêmement limitée par sa vétusté. Cette autoroute limiterait le nombre de camions sur la métropole. Or, le nombre de camions représente 5 % des véhicules en heure de pointe. Cette autoroute est également un gouffre financier. Le collectif a estimé qu’elle coûterait 490 millions d’euros de finances publiques, répartis entre la région, l’État et le département.

Quant aux financements privés, ils ne s’élèveraient qu’à hauteur de 400 millions, remboursés par le péage et son prix corrélé à la durée de concession. Les profits engrangés par cette autoroute payante ne reviendraient qu’aux groupes privés. Le collectif a estimé que le coût du péage serait de 5 euros par trajet. Une telle somme pour une si faible distance parait aberrante, encore plus en pleine crise inflationniste.

image 1L’A133-A134 (tracé en rouge) met en danger de nombreux viaducs, zones agricoles et naturelle

Cette autoroute est également une catastrophe écologique. Le tracé prévoit notamment de passer sur plusieurs secteurs de captage d’eau et de zones de vulnérabilité d’eaux souterraines. La métropole de Rouen est à majorité assurée par les bassins d’alimentation des captages des plateaux Est de Rouen. Plus de 500 hectares de terres agricoles seraient ainsi détruits, sans compter la fabrication de ces matériaux et la destruction d’espèces animales et végétales engendrées. Le rapport d’enquête a estimé qu’il y aurait ainsi 50 000 tonnes d’émissions de gaz à effet de serre créées chaque année.

Pour aller plus loin : A69 : Une mobilisation populaire ce week-end contre l’autoroute illégale

La métropole de Rouen engorgée mais avec des solutions

La métropole de Rouen est engorgée, mais reste loin derrière des villes comme Paris ou Marseille. Une des causes est le manque d’infrastructure efficace pour concurrencer la voiture. Selon la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), le contournement Est de Rouen ne réduirait quasiment pas le temps de trajet aux heures de pointe. Le collectif « Non à l’A133-A134 » propose notamment comme solution le renforcement des transports publics ainsi que le déplacement des camions par train plutôt que sur les routes.

image 2Exemple de propositions de lignes de trains à créer pour relier les différentes communes de la métropole, proposées par Effet de Serre Toi-même, association membre du collectif

Le COI appuie plusieurs solutions écologiquement et socialement plus viables. Il faudrait favoriser le projet de RER métropolitain, le SERM, développé dès 2023 ; ainsi que le projet de LNPN (Ligne Nouvelle-Paris-Normandie). Cette ligne reliant la Normandie et la région parisienne, passerait par la réorganisation de la gare Saint-Lazare ainsi que par la création d’une nouvelle gare à Rouen dans le quartier Saint-Sever. Il faut noter cependant que ce projet de ligne interrégionale est encore en question à la suite d’une motion votée par Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, pour abandonner ce projet. De plus, la nouvelle gare Saint-Sever est à ce jour en zone inondable. Il reste donc encore du temps avant que ces solutions arrivent.

En 2017, ce projet autoroutier était jugé d’utilité publique (DUP). Cette dernière prendra cependant fin en 2027. Difficile de comprendre comment cette autoroute pourrait voir le jour à présent. À l’heure où de nombreuses associations demandent la nationalisation des autoroutes et un moratoire pour toute nouvelle construction au titre de la protection du climat, l’élection présidentielle aura un impact certain sur ce sujet.

Par Hervé

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