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Consultations sur le bilinguisme : « maintenant, le vrai travail commencera »

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La marche à suivre pour faire du Manitoba une province « véritablement bilingue » se précise. Vendredi, le gouvernement provincial a publié un sommaire de consultations tenues l’an dernier à ce sujet, ainsi que son échéancier pour l’élaboration d’une stratégie sur le bilinguisme.

Entre juin et novembre 2025, la province a reçu près de 2000 réponses provenant de consultations virtuelles, de tables rondes publiques, de soumissions écrites et de rencontres ciblées avec des acteurs du milieu francophone.

Les répondants se sont exprimés sur leurs espoirs, leurs rêves et leurs réalités, en ce qui concerne le bilinguisme.

Dans le rapport publié vendredi, le ministre des Affaires francophones du Manitoba, Glen Simard, affirme que les francophones ont identifié comme priorités l’augmentation des services en français, le renforcement de l’accès à l’éducation en français, la promotion de la signifiance historique de la francophonie et la célébration de ses contributions.

Ce document représente le moment dans lequel la population manitobaine d’expression française se trouve aujourd’hui.

Grâce aux priorités définies dans le rapport, la province va maintenant créer une nouvelle stratégie sur le bilinguisme avec les partenaires clés de la communauté et conseil consultatif des affaires francophones.

Nous effectuons des investissements dans les écoles françaises, nous créons des espaces dans les garderies francophones, nous améliorons l’accès à la justice en français, nous appuyons les municipalités bilingues et nous sommes en train de développer notre capacité bilingue pour assurer que les ressources humaines sont en place pour fournir plus de services en français, assure le ministre, dans le document.

Cap sur les services et la fierté

La portion analyse du rapport relève que, pour la majorité des participants, le plus important bénéfice de devenir une province véritablement bilingue serait la reconnaissance de l’histoire et du patrimoine francophones du Manitoba.

Je déborderais de fierté et j’y verrais un message d’optimisme pour les générations futures. Louis Riel avait un rêve. MOI AUSSI!, a affirmé l’un des répondants anonymes cités dans le rapport.

Le sondage en ligne a reçu 1654 réponses, provenant à 67 % de personnes situées à Winnipeg.

La moitié des répondants ont dit que l’accès aux services est l’élément le plus important d’une province bilingue.

Cette option était loin devant la deuxième. La présence des deux langues sur la place publique et la possibilité de pouvoir vivre pleinement dans sa langue officielle de choix ont été citées par 19 % des répondants.

Le manque de services en français a aussi été identifié par les répondants comme étant la principale lacune en matière de bilinguisme au Manitoba, devançant de loin l’anglodominance.

Qu’il s’agisse des réponses au sondage ou des discussions lors des tables rondes, l’accès à des services de qualité est revenu à maintes reprises comme pilier d’une province véritablement bilingue, indique le rapport.

Le bilinguisme en éducation a été cité comme le secteur le plus important (29 %), suivi de la santé (21 %) et des services gouvernementaux, en général (18 %). Certains répondants ont cependant souligné qu’ils auraient aimé classer tous les secteurs au même niveau d’importance.

Le défi d’une province moins que bilingue

Le rapport indique que les répondants s’identifiant comme immigrants ont exprimé beaucoup de frustration avec la situation actuelle, en indiquant que la province les fait venir en tant que francophones en leur disant qu’ils pourraient vivre en français, lorsque la réalité est plutôt qu’il faut maîtriser l’anglais pour travailler au Manitoba.

Certains employeurs ne donnent pas la possibilité aux nouveaux arrivants d’avoir des métiers sous prétexte qu’ils ne parlent pas anglais, a indiqué un répondant.

Le rapport note qu’une personne a suggéré d’explorer la façon dont la province pourrait appuyer les employeurs pour qu’ils puissent fournir des cours de langue aux employés.

Le problème plus général de l’absence du français dans le monde de l’emploi est souligné à plusieurs reprises dans le document.

L’emploi en français demeure marginal, surtout dans le secteur privé. Il est difficile pour un francophone de travailler en français dans la majorité des milieux professionnels, ce qui empêche une véritable normalisation de l’usage du français, a fait valoir un répondant.

Les anglophones bilingues, francophones majoritaires

Le rapport rappelle que, selon les données du recensement en 2021, la population manitobaine, dont le français est la première langue officielle parlée, ne représente que 3 % (40 265 individus).

Comme 112 741 personnes peuvent comprendre le français, la majorité des gens qui parlent français au Manitoba sont des anglophones bilingues, ajoute le rapport.

Ainsi, plusieurs répondants ont remarqué que les consultations et les stratégies ne serviront à rien si elles s’adressent seulement aux francophones ou à leurs alliés. Les efforts doivent viser la majorité.

Un total de 35,5 % des réponses au sondage en ligne étaient en anglais, et 64,5 % en français. Sur les réponses en français, 58 % des répondants ont indiqué qu’il s’agissait de leur langue maternelle.

Il faudrait convaincre les anglophones et les immigrants non francophones que le bilinguisme est important et que ça mérite le temps et l’effort. Mais je comprends : les gens sont occupés et ont assez à faire sans apprendre le français, indique une réponse en anglais au rapport.

L’un des répondants suggère d’ailleurs une mesure pour former plus de francophones. Pourquoi ne pas débuter l’apprentissage des deux langues dès la 1re année? […] Dans 12 ans, nous aurons une première cohorte [de 220 000] élèves qui auront appris les deux langues depuis leur 1re année de vie scolaire.

Une stratégie avant la prochaine élection

Le rapport indique que maintenant, le vrai travail commencera pour élaborer une stratégie provinciale sur le bilinguisme. Pour ce faire, les investissements ont déjà commencé, selon le rapport.

Le gouvernement s’engage à la vision d’une province où la population manitobaine peut choisir de vivre, travailler et s’amuser dans une des deux langues officielles, pour qu’elle puisse léguer une langue pérenne, passionnée et respectée à leurs enfants et petits-enfants, indique-t-il.

Échéancier proposé :

  • Avril à mai 2026 : Création du plan de travail
  • Mai à septembre 2026 : Tenue des sessions de travail
  • Septembre 2026 à janvier 2027 : Rédaction de l’ébauche
  • Janvier 2027 : Présentation de l’ébauche au Conseil consultatif et intervenants
  • Mars 2027 : Publication de la stratégie provinciale sur le bilinguisme

Ce sera maintenant au Conseil consultatif des affaires francophones de prendre le lead et de rassembler la communauté, les gouvernements et le secteur privé pour construire la nouvelle stratégie.

Elle sera publiée en mars 2027, soit quelques mois avant la date prévue de la prochaine élection provinciale.

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