NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Ce n’est que dans quelques mois que l’on connaîtra le sort de Nathaniel Frigon, mais on sait d’ores et déjà que la prison l’attend. L’homme de 28 ans est coupable de conduite dangereuse ayant causé deux morts, de délit de fuite et de possession de stupéfiants dans le but d’en faire le trafic.
Le juge Jean-Pierre Gervais, de la Cour du Québec, a entendu les observations sur la peine mardi, au palais de justice d’Amos. Les deux parties demandent des peines de détention, mais ne s’entendent pas sur la durée.
Les faits remontent au 9 septembre 2023. Ce soir-là, vers 23 h 30, Nathaniel Frigon perd la maîtrise de son véhicule et percute un poteau dans un fossé à une vitesse estimée à plus de 120 km/h, entre deux courbes de la route de l’Aéroport, à Amos.
L’accident a fait deux morts, à savoir sa copine Amyrah Maranda, 21 ans, et son ami Mario Lessard, 28 ans. Une troisième passagère, Joanie Doiron, qui avait alors 28 ans, n’aurait subi que des blessures mineures. Mario Lessard aurait détaché sa ceinture de sécurité pour l’enlacer afin de la protéger.
Dans les instants qui ont suivi l’accident, Nathaniel Frigon a quitté les lieux. Il a reconnu les faits, mais dit n’avoir aucun souvenir des événements. Quelques jours plus tard, il aurait voulu se rapporter aux policiers, par l'intermédiaire de son avocate, mais ils auraient décliné sa demande. Il a été arrêté le 20 décembre 2023, puis a été remis en liberté sous conditions.
Des témoignages déchirants
Soulignant la gravité objective des infractions, Me Andrée-Anne Gagnon, du ministère public, a réclamé une peine de quatre ans de détention ainsi qu’une interdiction de conduire pendant trois à cinq ans pour les chefs liés à l’accident.
Elle a aussi demandé une peine d’un an pour les quantités importantes de stupéfiants destinés à la revente trouvées dans le véhicule. On parle de plusieurs centaines de grammes de cannabis, de plus de 500 comprimés de méthamphétamine et de 56 grammes de psilocybine, communément appelé champignon magique.
Plusieurs proches des victimes, dont leurs parents, et Joanie Doiron, ont témoigné des conséquences de ce crime sur leur vie. Elles ont exprimé leur douleur et leur colère à l’endroit de Nathaniel Frigon.
C’était mon premier enfant. Elle était mon tout. Elle m’a appris à être une mère. Elle m’a appris à être responsable. [...] En tant que mère, il me manque une partie de moi-même. Elle me manque beaucoup, a déclaré la mère d’Amyrah.
Amyrah avait un enfant de 15 mois, aujourd’hui âgé de 4 ans. La grand-mère paternelle est venue témoigner au nom d'Amyrah et de l'enfant dont elle a aujourd’hui la garde.
Elle ne connaîtra jamais sa voix, son rire. [...] Elle n’aura jamais la chance de grandir et d’apprendre sa culture et sa langue maternelle de la Nation anichinabée. Nathaniel Frigon n’a pas seulement causé un accident, il a volé à cet enfant toutes les étapes de sa vie, a-t-elle témoigné.
Selon Me Gagnon, cette peine globale de cinq ans tient compte de la gravité objective et subjective du crime. Elle se veut dissuasive et dénonciatrice. Elle a rappelé que deux personnes avaient perdu la vie et que Nathaniel Frigon n'était pas resté sur les lieux de l’accident. Elle a ajouté que la preuve de réhabilitation n’était pas claire.
Un homme changé
En s’appuyant sur un rapport présentenciel qu’elle a qualifié de très positif, Me Clara Daviault invite plutôt le tribunal à miser sur le fort potentiel de réhabilitation de son client. Elle a plaidé pour une peine de seulement un an de détention, avec une probation de trois ans, dont 18 mois sous surveillance, et une interdiction de conduire de trois ans.
Des lettres d’excuses dans lesquelles Nathaniel Frigon exprime ses remords et reconnaît son entière responsabilité ont été lues.
Je comprends que vous êtes tristes, mais aussi en colère. Amyrah était une femme qui débordait d’énergie. Elle avait le cœur sur la main, toujours prête à aider. Elle était une mère dévouée. J’aimerais pouvoir revenir en arrière et changer toutes mes mauvaises décisions qui m’ont amené à poser ce tragique accident dont je suis le seul responsable, mais je ne peux pas. [...] Par mes agissements, j’ai causé la mort de deux personnes qui comptaient beaucoup à mes yeux. Je peux seulement faire tout mon possible pour être une meilleure personne et je m’y investis à fond, a-t-il écrit à la famille d’Amyrah Maranda, en mars 2025.
Selon Me Daviault, l’immaturité, l’impulsivité, la témérité et l’excès de confiance en soi, qui caractérisaient son client au moment des faits, sont directement liés au monde interlope dans lequel il évoluait et dont il s’est complètement séparé depuis. Il a cessé sa consommation, il a un emploi stable, est en couple depuis 2024 et a un jeune enfant.
Sa conjointe et ses parents ont témoigné d’un revirement complet de Nathaniel Frigon. Ils ont parlé d’un homme changé, résilient et déterminé à devenir une meilleure personne, un actif pour la société.
Me Clara Daviault croit que ce qu’elle demande conserve son effet dissuasif, avec une peine de détention, mais permet à son client de poursuivre sa réhabilitation.


3 month_ago
75



























.jpg)






French (CA)