NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Comment vont nos artisans, économiquement parlant ? Le Conseil des métiers d’art du Québec a profité de son Salon des métiers d’art pour dévoiler mi-décembre les résultats d’une nouvelle Étude de la situation économique et du financement des métiers d’art au Québec. Résultat ? Les artisans, avec beaucoup moins de financement public, arrivent à vivre mieux que les artistes. Et les données laissent pressentir qu’un petit coup de pouce supplémentaire aux métiers d’art aurait des retombées importantes.
Les artisans doivent allier art, création et commerce. La nouvelle directrice du Conseil des métiers d’art du Québec, Mariouche Gagné, fondatrice d’Harricana, en est l’illustration, elle qui rappelait en entrevue « avoir toujours aimé les arts et les chiffres, et aimer que les chiffres puissent aider [s]on art ».
La très grande majorité des artisans d’ici sont de petits entrepreneurs, plus souvent des femmes, qui travaillent et créent seuls, en moyenne 41 heures par semaine.
Dans les répondants à l’enquête, menée par AppEco, on remarque aussi une grande majorité de francophones (89 %) et une faible diversité culturelle.
Près de 80 % des artisans disposent d’un atelier, dont 62 % à domicile. Ce sont, on le comprend, de petites entreprises à la maison.
« Le tissu entrepreneurial reste très fragmenté, car il se compose surtout de microentreprises indépendantes », apprend-on dans le document. « La majorité des artisans travaillent seuls, sans structure de soutien, ce qui limite la mise en commun des ressources et la capacité collective de développement. »
De plus, « le vieillissement de la main-d’œuvre (dans l’enquête, les 55 ans et plus composent près de 40 % des répondants et le tiers compte 25 ans d’expérience ou plus), les coûts d’exploitation en hausse – notamment le loyer – et la concurrence parfois déloyale des importations (p. ex., Shein, Temu) sont les principaux facteurs contribuant à accentuer la fragilité économique du secteur ».
Le textile, les métaux, le bois et la céramique sont parmi les matériaux préférés, les plus utilisés par les artisans d’ici, qui sont ancrés dans l’économie locale. Ils l’ancrent aussi. Ils achètent majoritairement leurs matériaux ici. Ils produisent ici. Ils vendent ici. Les revenus proviennent très largement du Québec, à 83 %.
Tenir boutique
« Le PIB des produits de l’artisanat au Québec est passé de 304 M$ en 2010 à 571 M$ en 2023, soit une augmentation de près de 87 % », lit-on dans l’étude. Lors de sa présentation, l’économiste Pierre Emmanuel Paradis, d’AppEco, soulignait le décalage énorme entre la contribution économique des métiers d’art au Québec et leur financement public.
« Quand on considère la production économique (4,2 % du PIB de la culture) ou l’emploi (3,7 % des emplois de la culture) pour un financement public à peine au-dessus de 0,5 % », il y a, pour lui, une lacune.
Pour M. Paradis, il est impératif de corriger ce financement public, qui devrait être rehaussé à 3 % pour « corriger une iniquité avec les autres arts ».
Mais les revenus médians des artisans, constate-t-on, sont déjà nettement supérieurs à ceux des artistes. Ce qui frappe ? L’énorme différence entre les artisans qui possèdent une boutique et les autres. Il faut dire que les lieux de diffusion et de vente restent rares.
Alors, avec une boutique, les artisans ont des revenus médians de 130 000 $ par an, dont la grande majorité (104 000 $) provient de la vente d’œuvres.
Sans boutique, le revenu médian est à 45 000 $ par an. Et d’autres revenus, comme ceux de l’enseignement, sont alors nécessaires.
Montréal concentre la plus forte proportion de boutiques (42,9 %), suivie de la Capitale-Nationale (25,0 %) et de l’Estrie (14,3 %).
Et les ventes par Internet ne sont pas une manne. Là encore, les artisans ayant une boutique profitent davantage. Les ventes en ligne contribuent à 14,7 % des revenus des artisans, avec une proportion notable provenant des États-Unis (3,5 %), indiquant « une ouverture limitée, mais présente vers les marchés internationaux ».
Mais l’expérience est profitable aux artisans. Elle augmente les revenus. Au cours des cinq premières années de carrière, le revenu médian tourne autour de 20 000 $ par an. Pour les artisans ayant de 5 à 20 ans d’expérience, il augmente et passe de 45 000 $ à 50 000 $.
Contre « le pire commerce électronique »
L’étude estime, en parallèle, que des perspectives favorables se dessinent pour les métiers d’art. « La demande pour des produits locaux, authentiques et durables est en croissance, tout comme l’attrait du tourisme culturel et l’ouverture de nouveaux marchés numériques. »
« Ils sont un contrepoids aux Shein et Temu, à cette tendance du pire du commerce électronique et des objets faits avec des matériaux toxiques », scandait M. Paradis dans sa présentation, en plus d’être axés sur « la préservation des savoirs ».
L’étude propose six recommandations, dont la mise en place de mesures financières, le soutien direct à la rentabilité et aux coûts d’exploitation et l’amélioration de l’accès à la diffusion, sur les marchés tant locaux qu’internationaux.
Les consultants estiment aussi que la mise en place d’un Quartier des métiers d’arts à Montréal serait un levier pour le secteur.


5 month_ago
43



























.jpg)






French (CA)