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Life 21/12/2025 11:00
Pour éviter de blesser encore plus votre interlocuteur ou entrer dans une spirale de justifications, des excuses correctes doivent suivre les règles suivantes.

« Prendre un moment avec l’autre, avoir une posture humble et dire “Je viens vers toi quitte à me confronter à un refus de pardon”, c’est très fort », souligne Line Mourey.
EN BREF • Line Mourey, psychologue, explique que le timing des excuses est crucial et qu’il faut parfois laisser du temps avant de s’excuser pour des torts importants.
• Les excuses doivent être sincères et non conditionnelles, en reconnaissant clairement les torts sans minimiser la souffrance de l’autre.
• Présenter des excuses sincères implique d’accepter l’inconfort et de comprendre que le pardon appartient à l’autre, tout en montrant par des actions que l’erreur ne se reproduira pas.
Des excuses qui tombent à côté, tournent à la séance de justification ou finissent par blesser encore plus, on en trouve des exemples à la pelle dans notre vie personnelle mais aussi dans l’actualité, comme on l’a récemment vu avec la polémique autour de Brigitte Macron et ses insultes envers les féministes.
Si on nous apprend dès l’enfance à demander pardon après avoir causé du tort à quelqu’un, on nous apprend moins souvent comment bien le faire. La preuve : aussi bien lors des repas de famille qu’en conférence de presse, on se retrouve souvent à devoir écouter des excuses si bancales que certains préfèrent encore le silence.
C’est peut-être que se dire désolé n’est pas une chose si simple. Le HuffPost a demandé à Line Mourey psychologue clinicienne et psychothérapeute, comment faire pour présenter des bonnes excuses.
Le timing des excuses est important
Le moment où on présente ses excuses est aussi important que leur contenu, souligne Line Mourey. « Quand on marche sur le pied de quelqu’un à la boulangerie, on s’excuse immédiatement. Mais quand le tort est plus grand, il faut que la personne qui demande pardon puisse prendre un certain temps pour réfléchir à son comportement », détaille la psychologue. Selon le contexte, laisser passer quelques jours, y compris pour laisser à l’autre le temps de réfléchir à ses besoins, peut être approprié.
Laisser la personne blessée choisir le contexte
Pour des excuses sincères, faut-il privilégier un long message d’excuses ou un face-à-face ? Pour la psychologue, l’excuse la plus puissante se fait plutôt en présentiel. « Prendre un moment avec l’autre, regarder la personne dans les yeux, avoir une posture humble et dire : “Je viens vers toi quitte à me confronter à un refus de pardon”, c’est s’exposer et se rendre vulnérable, c’est très fort », décrit-elle.
Il faut cependant être à l’écoute de l’autre : « Il y a des situations où la personne blessée ne veut pas voir l’interlocuteur, et il est impératif de le respecter. Quel que soit le mode de formulation des excuses, le plus important, c’est de les présenter. »
Concrètement, qu’est-ce qu’on dit pour demander pardon ?
La première chose que cite Line Mourey est certainement la plus importante : on ne fait pas d’excuse conditionnelle. En d’autres termes, on ne dit pas « désolé “si” j’ai blessé ». « Les excuses conditionnelles ne viennent pas réparer un tort, pointe la psychologue. Utiliser le si est maladroit, parce que ça ne reconnaît pas la blessure de l’autre comme un fait, mais comme une possibilité. »
D’après elle, ces tournures peuvent même venir invalider la souffrance de l’autre, et sous entendre que la blessure n’est pas un fait, mais une interprétation. « Cela déplace le problème non pas sur l’acte, mais sur la sensibilité de la personne auprès de qui on s’excuse », détaille-t-elle. Or, une vraie demande de pardon porte sur l’impact de nos actions sur les autres, pas sur nos intentions.
Pour reconnaître ses torts sans ambiguïtés, il faut nommer ce qu’on a fait clairement. « Je présente mes excuses, j’ai eu un propos inacceptable », ou « j’ai dit ça, c’est blessant, je n’aurais jamais dû employer ce terme », explicite Line Mourey.
Est-il pour autant impossible de donner un peu de contexte ou des raisons quand on s’excuse ? « On peut, mais ça ne doit pas arriver trop vite : introduire ses raisons trop tôt, cela revient à demander une indulgence qui peut trop vite invalider la douleur. S’il y a un contexte à apporter, il faut qu’il permette de comprendre sans excuser, et il doit venir après la reconnaissance du tort. »
Accepter l’inconfort
À la question « est-ce qu’il y a des mauvaises raisons de s’excuser », la psychologue répond oui : pour maintenir une bonne image de soi, soulager sa propre culpabilité, apaiser une situation au plus vite ou éviter le conflit. Autant d’intentions dont le but n’est pas de réparer l’offense.
A l’inverse, les excuses sincères sont un acte fort : elles permettent d’établir ou de recréer une relation de confiance. « C’est un acte d’humilité, de maturité et de reconnaissance qui peut renforcer une relation », souligne Line Mourey.
Mais présenter des excuses sincères, c’est aussi accepter que le pardon ne nous appartient pas. Ce sont les autres qui ont le droit d’accepter ou non nos regrets. Pour faire passer le message au mieux, la formulation que recommande l’experte est la suivante : « Je comprends que ces excuses puissent ne pas suffire, je te laisse le temps qu’il faut pour digérer ce qu’il s’est passé, mais je reste disponible pour en reparler. » Ainsi, ce n’est pas la personne qui présente des excuses qui clôt le débat. Et après les excuses vient le temps des actions : il faut montrer par concrètement que la maladresse ne se reproduira pas.


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