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En 2026, on célèbre le 50e anniversaire des Jeux olympiques de Montréal. Le Devoir raconte ce qui a marqué ce moment phare de notre histoire. Dans ce texte, comment les Montréalais et les amateurs de sport venus d’ailleurs ont-ils vécu leur expérience olympique, le temps d’un été ?
À l’été 1976, les projecteurs sont braqués sur les athlètes qui s’élancent, courent, nagent ou manient le fleuret. Les médias rapportent quotidiennement les exploits de ceux qui ont tout donné lors du plus grand événement sportif de la planète. Mais comment les spectateurs, eux, ont-ils vécu « leurs Jeux » ?
À l’aide des journaux de l’époque, Le Devoir a examiné la « petite histoire » des Jeux olympiques, celle qui raconte l’expérience des Montréalais et des visiteurs venus d’ailleurs.
Mettre la main sur un billet
Tout au long des Jeux, les amateurs de sport peuvent se procurer des billets dans un endroit qui apparaît fort étrange de nos jours : le grand magasin Eaton du centre-ville de Montréal !
Les billets les plus chers pour le soccer se vendent 6 $ (33 $ en dollars d’aujourd’hui), et les meilleurs billets pour les populaires épreuves de natation, 40 $ (l’équivalent de 220 $), rapporte le défunt quotidien Montréal-Matin.
Mais si les billets des compétitions les plus prisées se sont déjà envolés, les amateurs peuvent se rabattre sur les stations de métro à proximité du Parc olympique. C’est là que les revendeurs de billets font des affaires d’or. Le Montréal-Matin nous informe que « les Américains n’hésitent pas à payer 200 $ pour un billet » (1100 $ en dollars d’aujourd’hui.) Des places pour la cérémonie de clôture peuvent atteindre 500 $ sur le marché de la revente (2750 $).
Le 27 juillet 1976, les Montréalais apprennent toutefois dans Le Devoir la création d’une nouvelle brigade de 21 policiers, dont la mission est simple : mettre la main au collet de ceux qui sont appelés les « scalpeurs ». Les journaux qui suivent rapportent les arrestations et les comparutions de ces revendeurs en cour municipale. Le Devoir ajoute que les policiers sont également fort occupés avec les « tire-laines » (voleurs de rue) « de calibre international ».
Les sans-billets louent des télés
Ceux qui préfèrent éviter les foules — ou qui n’ont pas mis la main sur des billets — peuvent regarder la diffusion des compétitions à la télé. Mais il y a 50 ans, le téléviseur n’est pas dans tous les salons des Québécois comme il l’est aujourd’hui. Le 25 juillet, les magasins visités par un journaliste du Dimanche-Matin ont confié avoir rapidement écoulé leur stock de téléviseurs usagés.
Dans une succursale Granada, le gérant a déclaré recevoir beaucoup d’appels pour des locations à court terme. Même ses clients qui sont propriétaires d’appareils noir et blanc l’ont contacté pour avoir la couleur le temps des Jeux. Un autre magasin a affirmé au Dimanche-Matin avoir loué 350 appareils et refusé 200 demandes ! Les Montréalais se réunissent donc chez ceux qui en ont un à la maison et, à défaut, profitent des téléviseurs installés dans une tente au parc La Fontaine.
La princesse
« Anne. Mais où est Anne ? » titre La Presse le 15 juillet 1976. Journalistes et photographes font le pied de grue à Bromont, là où se déroulent les compétitions équestres, espérant apercevoir la princesse Anne, fille de la reine Élisabeth II, qui participe aux épreuves avec son cheval Goodwill.
Elle fait la nouvelle même lorsqu’elle est absente ! Le reste du temps, la princesse de 25 ans est photographiée sous tous ses angles, sans répit, ses photos tapissant les divers quotidiens lors de son passage. Elle repart toutefois sans médaille…
Des touristes dorment à l’hôpital
Hébergement Québec Olympiques se targue d’avoir déjà dépanné près de 8000 personnes en date du 19 juillet. L’organisme a pour mission d’aider tous ceux qui sont arrivés à Montréal pour la frénésie des Jeux... sans réservation d’hôtel…
Un grand camping urbain a aussi été aménagé dans la gravelle du stationnement du défunt Autostade, là où sont tenus les matchs de football. Il peut accommoder 700 roulottes, selon le Montréal-Matin.
Et alors que les hôpitaux sont paralysés par la grève des infirmières, quelqu’un a eu cette étrange idée de loger des touristes dans des chambres vides de l’hôpital Saint-Luc pour 19 $ (à peu près 100 $ de nos jours), une initiative à laquelle une manifestation desdites infirmières semble avoir mis rapidement fin, selon un article de La Presse.
Café et hot-dogs
Le prix du gobelet de café et du hot-dog sur le site olympique choque les visiteurs. À 65 cents, le café (de format inconnu) est l’équivalent de 3,55 $ en 2026. Le 26 juin 1976, le hot-dog y coûte 75 cents, et un sandwich, 1,65 $, soit l’équivalent de 4,10 $ et de 9 $ en dollars d’aujourd’hui.
Le Comité d’organisation des Jeux olympiques a déclaré vouloir rencontrer les concessionnaires de boissons et d’aliments afin de tenter « de corriger quelque peu la situation ». Les journalistes, eux, ont réussi à faire baisser le prix du café à 40 cents au centre de presse, rapporte le Montréal-Matin.
Pas que des heureux
Tristes sont les enfants de la paroisse Saint-Nom-de-Jésus, dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve : ils ont perdu leur « parc champêtre » le temps des Jeux. Les écoliers en congé ont été évincés pour l’installation de trois terrains de basketball, surveillés par les soldats de l’armée canadienne, comme on pouvait le voir dans un cliché publié par La Presse le 15 juillet.
Pendant ce temps, la Santé publique de Montréal rapporte de quatre à cinq fois plus de cas de maladies vénériennes depuis le début des Jeux olympiques qu’en temps ordinaire. Cette estimation est basée notamment sur le nombre de patients traités à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, situé à proximité du site olympique, rapporte le Montréal-Matin. « Le mal vénérien frappe surtout des jeunes qui choisissent des partenaires qu’ils ne connaissent pas », déclare Dr Paul Landry, le coordonnateur de la santé publique à Montréal.


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