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Politique 07/01/2026 07:05 Actualisé le 07/01/2026 08:45
Hébergement d’urgence, salage de la chaussée, chauffage dans les écoles... La vague de froid s’est immiscée dans la campagne des municipales 2026 de la capitale .

CHRISTOPHE DELATTRE / AFP
Comment le froid s’invite dans la campagne des municipales à Paris (la rue de Rivoli, à Paris, le 5 janvier 2026)
EN BREF • La vague de froid à Paris affecte la campagne municipale 2026, mettant en lumière les problèmes d’hébergement.
• Les candidats, tels que Sophia Chikirou et Emmanuel Grégoire, proposent des solutions pour les sans-abri.
• Pierre-Yves Bournazel dénonce des chauffages défaillants dans les écoles, tandis que Rachida Dati n’aborde pas le sujet.
Les températures négatives ont tendance aussi à faire chauffer le débat politique. L’épisode de froid et de neige qui a frappé la capitale en ce début de mois de janvier n’a pas échappé à la règle. Il faut dire que les flocons n’ont pas ménagé leurs efforts avec pour effet des bus à l’arrêt et des ralentissements record sur les routes. L’événement neigeux « a été un peu sous-évalué » par Météo-France en Île-de-France, a d’ailleurs estimé ce mardi 6 janvier le ministre des Transports, Philippe Tabarot, sur BFM.
Le plan grand froid a beau avoir été activé il y a plus d’une semaine (le 28 décembre), les images de tentes et de personnes sans abri, notamment des mineurs, sous la neige publiées ce lundi dans la soirée par l’association Utopia 56, ont suscité des interrogations et des indignations évidentes. Environ 3500 personnes dorment à la rue dans Paris selon le dernier décompte de la Ville.
À qui en fera le plus à gauche ?
Sophia Chikirou, candidate insoumise pour l’Hôtel de ville, a notamment relayé des messages déplorant le manque de mises à l’abri, quand son parti appelle ce mardi à la réquisition des logements vides. L’actuelle majorité municipale a, elle, dû insister fin décembre auprès de la préfecture - qui a jugé dans un premier temps les conditions n’étaient pas réunies - pour déclencher le plan grand froid et permettre ainsi l’accueil des personnes sans-abri dans des lieux ouverts pour l’occasion.
Auprès de nos confrères du Monde, Marc Guillaume, le préfet de l’Île-de-France et de Paris loue, lui, un effort sans précédent avec 1 450 nouvelles places ouvertes depuis le 27 décembre, dont 120 par la Ville et le reste par l’État. Après les importantes chutes de neige lundi, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire s’est justement rendu mardi matin au Carreaux du temple, dans le 3e arrondissement, un de ces lieux d’accueil ouverts.
L’élu qui mènera la liste de gauche hors LFI en mars prochain après le ralliement des Écologistes et du PCF promet par ailleurs auprès de nos confrères de Libération de nouvelles mesures « concrètes ». Le candidat veut notamment pouvoir directement négocier avec des propriétaires fonciers afin d’ouvrir toujours plus de lieux d’accueils. Pour celui qui se voit bien remplacer Anne Hidalgo, plus question qu’un enfant ne dorme à la rue. « L’État doit assumer son rôle. Des milliers de mètres carrés sont vides à Paris. Utilisons-les », intime-t-il également.
Des promesses un peu faciles pour Sophia Chikirou qui faisait mine de s’interroger fin décembre sur X : « Comment vous croire quand vous dites que vous allez changer les choses en 2026 alors que vous avez mené une politique qui a accompagné et permis cette situation que vous déplorez ? »
Bournazel épingle aussi la mairie, Dati silencieuse
Pierre-Yves Bournazel, le candidat Horizons soutenu par Renaissance n’était d’ailleurs pas si loin de dire la même chose. Le 2 janvier dernier, alors qu’Emmanuel Grégoire regrettait que l’État n’en fasse pas plus pour les sans-abri, il accusait la majorité socialiste de ne pas avoir débloqué des places d’hébergements supplémentaires en mobilisant « 25 bâtiments inoccupés » dont 21 gymnases. « Quelle que soit notre couleur politique : pas un mort de plus dans nos rues », appelait-il en présentant son plan grand froid.
Après les chutes de neige cette semaine, Pierre-Yves Bournazel a également épinglé la mairie pour des chauffages défaillants dans deux écoles du 12e arrondissement situées dans un même bâtiment. « Un tiers des écoles à Paris nécessite une rénovation urgente et que la Mairie sortante a divisé par deux en 10 ans les budgets d’investissement dans l’Ecole publique » déplore-t-il.
Selon Le Parisien, la Ville de Paris a été prévenue de ces soucis le dimanche soir et le lundi matin et a dépêché du personnel technique sur place. Surtout le candidat Horizons estime que la majorité socialiste ne s’occupe pas assez de la chaussée « Il y a eu trop de lenteurs : à la mi-journée [mardi, ndlr], beaucoup de trottoirs à Paris n’étaient toujours pas déblayés et salés. C’est pourtant une compétence des Maires (...) c’est l’idéologie qui guide la gestion de la Mairie de Paris : les écologistes freinent l’usage du sel sans proposer d’alternative efficace. Ils exposent inutilement les habitants au risque », étrille-t-il sur X. « N’importe quoi », lui a répondu l’adjoint écologiste David Belliard ce mercredi matin, assurant que dans la suit 25 saleuses ont travaillé et que lundi 84 % des axes étaient salés.
Des sujets qui à l’heure actuelle n’ont pas particulièrement mobilisé à droite. Ni Rachida Dati, ni sa porte-parole de campagne Nelly Garnier n’ont posté de message concernant la vague de froid depuis fin décembre. La candidate LR, plutôt rétive à la création de nouveaux logements sociaux, et qui n’avait pourtant pas hésité à poster des vidéos dans des campements de personne sans-abri, ne semble pas vouloir s’emparer du sujet.
Chez ses soutiens, tout juste Geoffroy Boulard maire LR du 17e est-il sur le salage, déplorant début janvier le manque de salage dans les rues de la capitale avant de saluer le travail des agents de son arrondissement cette semaine. Le député LR de Paris, Michel Barnier, regrettait dans une vidéo le 19 décembre dernier la réquisition d’un gymnase dans le Ve arrondissement pour y loger « des migrants ». Le sujet n’est pas prêt de se tarir avec le nouvel épisode de neige ce mercredi matin.


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