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Certaines méduses possèdent une capacité de cicatrisation presque miraculeuse: elles peuvent refermer une blessure en temps réel, sans points de suture, sans croûte et sans cicatrice. Un phénomène qui intrigue les scientifiques depuis longtemps, tant il diffère des mécanismes de guérison observés chez les mammifères.
Une étude récente publiée dans Molecular Biology of the Cell et relayée par The Debrief apporte enfin des éléments de réponse. Les chercheurs ont identifié deux structures cellulaires clés qui interviennent successivement pour réparer les tissus, révélant un processus à la fois précis et remarquablement efficace.
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La biologiste Jocelyn Malamy, de l'Université de Chicago, avait déjà observé ce phénomène il y a une dizaine d'années. En étudiant une petite méduse transparente appelée Clytia hemisphaerica, elle a pu voir directement les cellules se déplacer et se rejoindre pour combler une blessure, offrant une vision unique de la cicatrisation en temps réel.
Le cycle de vie de cette méduse est particulier. La forme libre que l'on connaît, appelée méduse, n'est qu'une phase temporaire et son organisme passe en fait la majeure partie de son existence sous forme de polypes fixés (comme les anémones), capables de produire de nouvelles méduses, un peu comme une plante qui fleurit. Malgré leur courte durée de vie, ces méduses présentent une capacité de guérison exceptionnelle.
Un triple mécanisme
Les blessures mineures qui leur sont infligées se referment en quelques minutes, tandis que des lésions plus importantes cicatrisent en moins d'une heure, sans laisser de trace. Ce mode de réparation rappelle celui observé chez les embryons, qui peuvent guérir sans cicatrices. Grâce à leur transparence et à l'absence de réactions inflammatoires complexes, ces méduses constituent un modèle idéal pour étudier ce processus fascinant.
Les chercheurs ont découvert que la réparation repose sur deux mécanismes complémentaires. Dans un premier temps, des extensions cellulaires appelées lamellipodes se forment et tirent les cellules vers la zone endommagée en glissant sur une fine couche appelée membrane basale. Ce mouvement permet de refermer rapidement les petites blessures.
Dans un second temps, un câble contractile composé d'actine et de myosine se forme pour resserrer la zone et finaliser la fermeture, notamment lorsque des obstacles empêchent les cellules de progresser. Pour les blessures plus larges, un troisième mécanisme entre en jeu: l'ensemble du tissu se déplace comme un bloc jusqu'à ce que les bords opposés se rejoignent.
Ce système adaptable permet à la méduse de répondre efficacement à différents types de lésions. Les chercheurs estiment que ces mécanismes sont en partie communs à de nombreux animaux, y compris les humains. Étudier ces organismes pourrait donc aider à mieux comprendre notre propre cicatrisation, notamment en évitant les effets de l'inflammation et des cicatrices qui compliquent l'observation chez les mammifères.
Malgré ces avancées, certaines questions restent ouvertes: la membrane basale, qui joue un rôle central dans la coordination de la réparation, demeure mal comprise. Les scientifiques cherchent désormais à savoir comment cette structure elle-même se régénère après une blessure, un enjeu crucial pour mieux comprendre –et peut-être améliorer– les processus de guérison chez l'ensemble des êtres vivants.





























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