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Le bruit des rondelles résonne fort dans l’aréna Howie-Morenz, à Montréal, en ce mercredi soir. Dans le vestiaire, une ambiance de franche camaraderie règne. Les protagonistes sont les membres de l’équipe du Québec de parahockey, les prochains à prendre la glace pour leur entraînement.
Après mon accident, le gros manquement dans ma vie était vraiment le hockey, dit d’emblée Patrick Desnoyers, 52 ans. En 2010, il a subi un grave accident de motocross. Bien que cet homme soit aujourd’hui capable de marcher avec des cannes, les parasports représentent sa meilleure option pour rester actif.
Il y a quelque chose qui doit t'accrocher à essayer d’avoir une vie la plus normale possible, la plus épanouie et la plus heureuse possible. Puis le sport, ça fait partie de ma personnalité, explique celui qui a aussi fait partie de l’équipe canadienne de paracyclisme.
L'équipe de parahockeyeurs de l’équipe du Québec est tissée serrée. Certains de ses joueurs jouent ensemble depuis une dizaine d'années.
On part beaucoup en voyage ensemble pour des tournois, et parfois même juste pour le plaisir. C’est rendu comme une deuxième famille, indique Saoud Messaoudi, membre d’Équipe Québec.
En tant que jeune adolescent avec une limitation fonctionnelle motrice, tu ne sais pas vraiment ce que le futur apporte pour toi, souligne celui qui a commencé le parahockey à 17 ans.
On n'a pas beaucoup de modèles en chaise roulante qui ont des enfants, qui ont des emplois, qui ont des entreprises, qui ont des maisons... Le parahockey m’a permis d’avoir ce genre de modèle devant moi. J’ai vu des gars qui se permettent d’être ambitieux malgré leurs limitations.
Mission : les Jeux paralympiques
Le plan ultime, pour n’importe quel athlète qui a une limitation, ça va être de se rendre aux Paralympiques un jour. Je ne me mets pas de pression, mais c’est quelque chose auquel j’aspire, affirme Messaoudi.
Cette année, quatre athlètes québécois étaient de l’équipe paralympique canadienne qui a décroché l'argent aux Jeux de Milan-Cortina. Patrick Desnoyers a pu suivre leur parcours de très près.
Vincent Boily, c’est moi qui l’ai initié, dit-il fièrement. Shawn Burnett aussi. La première fois qu’il a mis les lames sur la glace, c’est moi qui l’ai initié; j’étais allé le voir en centre de réadaptation. Anton Jacobs-Webb, je l’ai connu à 13, 14 ans, quand il commençait à venir jouer avec nous dans un milieu un peu plus compétitif.

Des joueurs d'Équipe Québec se réunissent au centre de la glace.
Photo : Radio-Canada / Théo Cantin
Naturellement, Saoud Messaoudi et Patrick Desnoyers regardent avec fierté leurs compatriotes.
Ce sont des gars qui méritent; ils ont beaucoup travaillé. J’ai hâte d’en parler avec eux quand ils reviennent au pays, se réjouit Messaoudi.
Les gars ont un rôle important dans l’équipe, donc c’est encore mieux de voir qu’ils contribuent, ajoute de son côté Desnoyers.
Jeunes et moins jeunes
Nathan Galarneau-Desjardins n’a que 14 ans, mais il peut déjà rêver au sommet du sport. J’ai joué pour les meilleurs espoirs du Canada de moins de 17 ans. Mon objectif, c’est d’aller le plus haut possible; j’aimerais me rendre aux Paralympiques, dit-il.
Je voulais jouer au hockey quand j’étais plus jeune, mais je ne pouvais pas à cause de mon handicap, donc mes parents ont trouvé ce sport-là, ils m’ont inscrit, et je me suis accroché, se souvient-il.
Aujourd’hui, l'adolescent aurait du mal à imaginer sa vie sans ce sport.
Ça représente presque tout pour moi, le parahockey. C’est le sport que j’ai envie de faire tout le temps; je ne rate presque aucune pratique, confie-t-il.
Dans le monde du parahockey, il est loin d’être impensable que Nathan Galarneau-Desjardins se retrouve au sein de la même équipe que Patrick Desnoyers, pourtant de 38 ans son aîné.
La journée où je vais sentir que je n’ai plus ma place, je vais décrocher, c’est certain, admet Desnoyers.
Heureusement, ce dernier se sent encore en pleine forme physique. Et peut-être que, comme avec Vincent Boily, Shawn Burnett et Anton Jacobs-Webb, Patrick Desnoyers aura la chance d’accompagner sur la glace le prochain membre de l’équipe paralympique canadienne.


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