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Le ministre de l’Intérieur a reçu les syndicats de police, notamment pour évoquer des questions budgétaires. Ces derniers envisagent une manifestation à la mi-septembre.
Par Maëlle Roudaut avec AFP

BASTIEN OHIER / Hans Lucas via AFP
Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, après le Conseil des ministres hebdomadaire dans la cour d’honneur du palais de l’Élysée à Paris, en France, le 31 août 2026.
Les syndicats de police se sont dits « insatisfaits » de leurs rencontres avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez ce vendredi 4 septembre et envisagent une forte mobilisation dans la rue le 15 septembre. « On a surtout le sentiment de sortir de là incompris », a déclaré le secrétaire général d’UN1TÉ, Grégory Joron à l’issue de cette réunion qui a duré plus d’une heure, place Beauvau à Paris.
« En termes de considération, de respect du policier, d’augmentation salariale, il faut se passer de tout et il faut que le policier continue de trimer dans la rue sans aucune reconnaissance », a réagi de son côté Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance, composé majoritairement de gardiens de la paix et de policiers adjoints.
Quelques semaines plus tôt, mi-août, Laurent Nuñez avait reçu les syndicats des pompiers. Également ressortis « très déçus » de leur réunion avec le ministre de l’Intérieur ces derniers ont appelé à une mobilisation nationale entre le 26 et le 29 septembre.
Ce vendredi, les rencontres entre les syndicats de police et le ministre ont notamment porté sur une revalorisation de la prime de risque (ISSP) des policiers qui n’a pas été augmentée depuis 2019. Une revendication qui, selon Alliance, n’a pas été entendue par Laurent Nuñez.
« On a expliqué qu’il fallait reconnaître les difficultés du métier de policier, la dangerosité, les heures, l’acharnement professionnel, etc. On a demandé que le policier soit payé de manière adéquate et pas comme il l’est aujourd’hui », a ajouté Fabien Vanhemelryck, réclamant « entre 300 millions et 500 millions d’euros » de budget annuel supplémentaire pour la police.
« Le 15 septembre, on sera dans la rue »
Les syndicats attendaient de cette rencontre la mise en place d’une réponse miroir face à l’annonce, en juin, d’une réforme prévoyant une revalorisation des salaires des commissaires pouvant aller jusqu’à 1 350 euros par mois. Une augmentation limitée aux seuls commissaires vécue comme une « gifle envoyée à l’ensemble des personnels », selon Grégory Joron.
« Le 15 septembre, on sera dans la rue, on sera des milliers dans la rue », a prévenu Fabien Vanhemelryck, affirmant que « la colère est grande » et « les collègues vont l’exprimer ». De son côté, UN1TÉ, s’il appelle aussi à la mobilisation le 15 septembre, table sur une nouvelle rencontre prochaine avec le ministre de l’Intérieur : « Je lui ai dit : "On se reverra assez vite pour rediscuter de tout ça et peut-être obtenir quelque chose." »
En 2027, la police bénéficiera de « 240 millions d’euros supplémentaires », de « 970 emplois créés dans la police nationale, dont 700 consacrés au renforcement de la filière investigation », d’une mesure de revalorisation de certaines indemnités, ainsi que de la mise en place de nouvelles primes pour la filière investigation, a détaillé l’entourage du ministre de l’Intérieur vendredi à l’AFP.
Quelques semaines plus tôt, mi-août, Laurent Nuñez avait rencontré les neuf syndicats représentatifs des pompiers. Eux aussi étaient ressortis « très déçus » de leur réunion avec le ministre de l’Intérieur, et avaient appelé à une mobilisation nationale entre le 26 et le 29 septembre, dont « une manifestation statique », plusieurs jours d’affilée, place de la République, dans la capitale.
Forte agitation depuis une note de Gérald Darmanin
Ces réunions bilatérales ont eu lieu dans un contexte de forte agitation dans les rangs des policiers depuis la révélation d’une note de 12 pages signée du ministre de la Justice Gérald Darmanin après l’affaire Lyhanna.
Dans ce document adressé fin juillet à Laurent Nuñez, le garde des Sceaux synthétisait les remontées d’informations établies par les parquets généraux, parfois accablantes pour la police, évoquant dossiers « fantômes », enquêtes à l’abandon ou perdues, manque d’effectifs et de formation, dans le traitement des dossiers sur les violences sexuelles faites aux mineurs. Selon les deux syndicats, ce sujet n’a pas été évoqué durant les rencontres de vendredi.


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