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Le quotidien des locataires d’un immeuble à logements sur la rue Champflour à Trois-Rivières est devenu un véritable cauchemar. Depuis le mois d’août, l’immeuble est infesté de coquerelles.
Jour et nuit, Tambria Ratcliff, une locataire de l’immeuble, devient une véritable chasseuse de coquerelles. Son appartement s’est complètement transformé. Des pièges ont été installés un peu partout. Ses meubles ont tous été décollés des murs et rassemblés au centre des pièces. Son appartement n’est qu’une réplique des sept autres de l’immeuble.
Au début, j’étais en train d’en tuer 10 à 20 par jour, raconte Tambria Ratcliff. Tu ne dors plus, t’es plus bien. Tu es assis sur le sofa, t’essaies de checker la télé, mais tu checkes partout… ce n’est plus vivable.
Elle n’a plus l’impression d’être chez elle. Encore moins de pouvoir vivre comme avant.
Tu te promènes avec ton assiette [dans les mains], tu te lèves, t’amènes ton assiette, mentionne-t-elle. Il n’y a même plus de verre là, oublie ça, je ne peux pas le fermer. Je vais aux toilettes, je ne peux pas le laisser là, je dois l’amener avec moi, c’est ridicule.
Tambria nous a fait visiter son logement, juste avant le passage de l’exterminateur. C’est la septième fois qu’il vient faire des interventions. En tournant le coin du lit, dans la chambre d’ami, Tambria regarde un de ses pièges. Ah! Tu vois, une coquerelle juste ici.
La locataire dit avoir multiplié les démarches pour que les choses bougent en envoyant des requêtes à son gestionnaire d’immeuble, en passant des appels à la Ville, en prenant des rendez-vous à la Régie du logement et finalement en envoyant des mises en demeure au propriétaire de l’immeuble. Ils ne font rien pour nous aider à part le strict minimum, déplore-t-elle. Mais ça ne règle rien.

Des coquerelles sont visibles dans l'immeuble depuis le mois d'août.
Photo : Radio-Canada
Nous avons tenté de contacter le propriétaire de l’immeuble, mais nos appels sont restés sans réponse. Le gestionnaire, qui a souhaité garder l’anonymat, nous a répondu. Il estime que les démarches entreprises ne sont peut-être pas toutes connues des locataires.
Pour un problème comme ça, un exterminateur doit venir aux trois ou quatre semaines pour que le traitement soit efficace, explique-t-il.
Selon lui, en cas normal, il ne faudrait que trois ou quatre mois pour que le traitement soit efficace. Le gestionnaire affirme toutefois qu’une des locataires de l’immeuble aurait refusé de collaborer avec l’exterminateur en lui refusant l’accès au logement. On n’a pas pu y accéder pendant les trois premiers traitements, qui sont les traitements les plus cruciaux, dit-il.
L’exterminateur aurait donc été limité dans les traitements qu’il pouvait faire. Pour que le traitement soit possible dans le logement, les meubles doivent être placés au centre des pièces, les armoires doivent être vidées et les objets du quotidien doivent être placés dans des sacs de plastique.
On est conscient que c’est malheureux pour les autres locataires. On le sait, ajoute le gestionnaire, qui mentionne avoir entrepris des démarches auprès du Tribunal administratif du logement (TAL). Selon lui, les délais pour obtenir une réponse de l'institution sont entre huit et dix mois.
Des séquelles qui restent
Le problème n’est pas encore réglé, mais Tambria s’attend à ce que les conséquences pèsent lourdement sur elle. Je ne suis pas bien chez nous, confie-t-elle. En vrai, ce n’est même pas chez nous.
Ses réflexes sont aiguisés. il n’y a pas un morceau de tissu que Tambria ne secoue pas avant de déplacer; elle secoue ses vêtements, ses bottes, ses serviettes et ses draps.
Ça va prendre longtemps, longtemps, longtemps avant que je me débarrasse de la paranoïa de ça. Même après que ce soit réglé, ma vie ne sera jamais pareil… [je n’aurai jamais] le même confort, ajoute-t-elle.
Le gestionnaire de l’immeuble affirme comprendre les préoccupations. On ne les laisse pas tomber. On veut les rassurer que les suivis sont faits de manière serrée avec l’exterminateur et que des discussions sont entreprises avec la locataire pour s’entendre sans avoir recours au Tribunal administratif du logement.


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