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CNews diffuse des images d’Albanie comme des « futurs casseurs » à Paris, puis minimise son erreur

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À la télévision, Tirana est devenue Paris ; les excuses sont venues, mais l’accusation est restée.

Pendant 2 minutes, la chaîne de désinformation CNews commente des images…

… d’Albanie !

Il y avait pourtant des indices, comme les drapeaux albanais 🇦🇱.

Ou encore la pancarte en albanais, à la fin.

Des clowns 🤡 https://t.co/SWE1NFtzSf

— Antoine Léaument 🇫🇷 (@ALeaument) October 24, 2026

Des hommes enfilent des masques et des cagoules. Sur CNews, Olivier Benkemoun commente ces images présentées comme un direct de la porte d’Italie, à Paris. Il décrit des manifestants sur le point de devenir des émeutiers. Sauf que la scène se déroule à Tirana, en Albanie. Les personnes filmées n’ont rien à voir avec le cortège parisien contre la vie chère.

Ce n’est pas une petite erreur d’illustration. Pendant plusieurs minutes, des images étrangères ont servi à accuser des manifestants en France d’être prêts à passer à la violence. Aux yeux des téléspectateurs, la preuve semblait là, à l’écran. En réalité, elle n’existait pas. Montrer des gens dans un autre pays en affirmant qu’ils sont à Paris, ce n’est pas seulement se tromper de lieu : c’est raconter un événement qui n’a pas été filmé.

Après les excuses, le plateau persiste : « Ça ne change rien »

Environ vingt minutes plus tard, le pro-israélien  Olivier Benkemoun reconnaît une erreur de régie et présente ses excuses au nom de la rédaction. Une confusion entre deux arrivées d’images, cela peut arriver en direct. On attend alors une correction nette, sans chercher à sauver le commentaire construit sur une scène mal identifiée.

Mais un intervenant lâche : « Ça ne change néanmoins rien à la réalité ». Le présentateur renchérit : « On aurait pu les avoir ici. On aurait pu les tourner ». Tout est là. Les images sont fausses pour Paris ? Peu importe, puisqu’elles auraient pu être vraies ! Voilà donc une information remplacée par une supposition, sans même quitter le ton de la certitude.

Cette réaction est inadmissible. Ce que les téléspectateurs viennent de voir n’établit rien sur les manifestants parisiens. Au lieu de le reconnaître franchement, le plateau traite presque la localisation des images comme un détail secondaire. Depuis quand « ça aurait pu se passer » suffit-il à faire une information ?



Une chaîne d’information doit montrer des faits, pas ce qu’elle imagine

Le plus sidérant, c’est le moment choisi. Le 22 octobre, l’Arcom venait de rappeler les chaînes à la vigilance dans leur couverture des manifestations, notamment face aux informations susceptibles d’alimenter la peur. Et les violences du 17 octobre avaient déjà été accompagnées de plusieurs informations contestées.

Le même samedi, Franceinfo a également pris des images de Tirana pour des scènes tournées à Lyon, avant de rectifier trois minutes plus tard. Une confusion peut donc toucher plusieurs rédactions. Mais rien n’oblige à minimiser sa gravité une fois qu’elle est connue.

Ce qui s’est passé sur CNews mérite bien plus qu’un haussement d’épaules. La chaîne a donné à voir une fausse preuve, puis son plateau a expliqué qu’elle ne changeait finalement rien. Une information n’est pas vraie parce qu’elle arrange le commentaire. Et quand les faits contredisent le récit, c’est le récit qu’il faut corriger, pas les faits.



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