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Le Regroupement des intervenants et intervenantes d’origine haïtienne (RIIOH) a dévoilé mercredi matin cinq pistes de solution pour rétablir la confiance de la population dans les institutions policières après les allégations de racisme au poste de quartier 39 du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).
« Notre objectif n’est pas d’opposer la population à la police, mais de contribuer à bâtir une police dans laquelle la population peut avoir confiance », a affirmé Sheilla Fortuné, co-porte-parole du RIIOH en entrevue avec Le Devoir. Selon elle, « la confiance [de la population] est à reconstruire ».
Le 12 juin dernier, le directeur du SPVM, Fady Dagher, a révélé qu’une équipe de 16 policiers de Montréal-Nord avait été démantelée à la suite de soupçons de comportements racistes, haineux et discriminatoires. Pour le groupe d’intervenants, « la gravité de la situation exige maintenant des mesures structurantes, indépendantes et durables ».
Lors d’une conférence de presse tenue en juin dernier, le RIIOH avait lancé un appel au dialogue. L’organisme a rencontré M. Dagher à deux reprises afin de faire connaître ses préoccupations et d’échanger sur des pistes de solution.
La première recommandation de l’organisme montréalais est de confier la direction du poste de police de Montréal-Nord à un civil dans le cadre d’un projet pilote de cinq ans. « Notre objectif, c’est vraiment d’ajouter une expertise reconnue en gouvernance, en gestion publique et en relations communautaires », précise Mme Fortuné.
Une responsabilité collective
Le RIIOH propose ensuite que les sanctions imposées à la suite de gestes racistes et haineux soient « proportionnelles à la gravité des faits » et qu’elles « doivent pouvoir aller jusqu’à la destitution ». « C’est un message clair envoyé à la population pour dire que pour nous, c’est tolérance zéro », affirme la co-porte-parole.
La création d’un comité indépendant de vigie citoyenne propre à Montréal-Nord est également recommandée. Celui-ci serait « doté d’un mandat clair de suivi, de documentation et de reddition de compte ».
En plus de ce comité, l’organisme demande également la mise en place d’un mécanisme « local, indépendant, accessible et sécuritaire de signalement et d’accompagnement », que le RIIOH serait prêt à coordonner. « Les organismes communautaires, nous, on dispose déjà d’un lien de confiance avec la population et la clientèle qu’on dessert », explique Sheilla Fortuné.
Enfin, le RIIOH recommande à la Ville de Montréal d’adopter une approche de « sécurité par le développement », en investissant entre autres davantage dans les organismes communautaires et en favorisant la prévention, l’employabilité et l’engagement des jeunes.
Le RIIOH invite le SPVM, la Ville de Montréal, les gouvernements du Québec et du Canada ainsi que les acteurs communautaires « à considérer ces recommandations comme une base de travail pour une démarche durable de rétablissement de la confiance ».


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